Avec Artifice Palace, qui prend part ce printemps au Festival Vue sur la Relève, on réfléchit à qui nous sommes à travers leur album Rusty Flower. Bienvenue dans un long-jeu bilingue qui aborde sans filtre plusieurs paradoxes intéressants. Et en primeur, on vous dévoile le nouveau vidéoclip du quatuor!

Apprendre à se connaître, c’est exhumer les maux du corps. Pour réussir pareil exploit, Rusty Flowers est un outil incontournable qui transpose un état émotif en expérience musicale.

Pour ceux qui écoutent la musique d’Artifice Palace, il devient possible de plonger dans un univers remplit d’histoires que l’on peut s’approprier. Néanmoins, c’est surtout vrai pour les artisans de l’Artifice Palace, comme l’explique Jean-Philippe Sansfaçon (synthétiseur, chant) : « les chansons sont le résultat d’expériences vécues ou alors de fantasmes, certaines douleurs et quelques bonheurs. C’est pas une injection sous-cutanée mais ça l’inspire beaucoup, analyse le musicien. Ça se transforme en une histoire qui existe sans nous. »

Artifice Palace

Spontanéité calculée

L’album est construit autour de la chanson du même nom, Rusty Flowers. Cette piste pose alors le défi d’apporter plusieurs sens à un même thème. Le résultat est une suite d’expériences inopinées et de remises en question incessantes. Bref, les musiciens se sont libérés de leurs tourments.

« C’était cool de sortir du barème classique pour aller mettre de la crasse et se défouler. Un mélange d’agressivité et de douceur en a émergé. »

Rusty Flowers a donné lieu à un autre beau paradoxe, puisque du début à la fin, ce sont des paroles qu’on pourrait qualifier de joyeuses qui s’affirment sur une musique sombre, voire un tantinet ténébreuse. « On pourrait dire que c’était de la spontanéité calculée, se remémore John Andrew (guitare). Ça nous a permis aussi à chacun de lancer des influences inexploitées dans nos projets respectifs. C’était cool de sortir du barème classique […] pour aller mettre de la crasse et se défouler. Un mélange d’agressivité et de douceur en a émergé. » L’album aborde dans ses paroles plusieurs amalgames sans préjugés.

Artifice Palace

Crédit photo: Marc-André Dupaul

Leur style est à la fois rock, gore et mystique dans la chanson Lumière. Mais il peut aussi devenir percussif, comme dans la piste Solar Breath, et prend parfois une tournure distortionnée avec une groove singulière pour la chanson Entre tes mains.

Rusty Flowers est un kaléidoscope

Un autre point caractéristique d’Artifice Palace réside dans son travail de la texture des sons. À la fois vaporeux et libérateur, l’album commence très lentement avec une chanson d’introduction. Si la formule n’est pas éprouvée, le coup demeure gagnant, et Mathieu Desmarteaux (basse, synthétiseur) en parle avec passion : « C’est comme s’attacher une brique de béton aux pieds, se jeter dans le fleuve, et couler, couler, couler, jusqu’à que tu touches le fond. Et LÀ t’es dans le fleuve, dans Rusty Flowers. Là t’es bercé par les vagues, par notre musique. »

Dans une conversation qui est partie dans tous les sens, Rusty Flowers est un kaléidoscope. Pour se ressourcer et apprendre à se connaître, mais surtout pour faire rouiller des fleurs, on se retire, le 16 mai au Divan Orange, dans le cadre du Festival Vue sur la relève, au Artifice Palace.

En attendant, on vous laisse sur une note musicale avec le nouveau (et très sous-terrain) vidéoclip pour la chanson It Is A Lie, réalisé par Rosalie Bordeleau.

–» Pour suivre Artifice Palace : facebook | bandcamp

–» En concert le 16 mai prochain : événement facebook

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