Humour cynique et monstres joyeux sont les premiers mots qui viennent à l’esprit lorsqu’on se plonge dans l’univers de l’artiste montréalaise Célia Marquis.

Petite, la jeune femme avait deux passions : le dessin et le sport. Au moment de choisir sa voie professionnelle, elle s’oriente finalement vers le dessin « mais tout en continuant de faire du sport ! », assure l’artiste. Elle suit alors un baccalauréat en art studies à Concordia qui lui permet de découvrir la bande dessinée et l’importance du narratif en illustration. Si bien qu’aujourd’hui, la forme [NDLR le dessin] l’intéresse tout autant que le fond.

Beware.MTL l’a rencontrée dans un bar du Mile-End pour jaser de lazyness, de ses drôles de monstres, de son amour pour la famille Adams et d’Adventure Time.

Célia Marquis

Comment crées-tu tes illustrations ?

Souvent je prends des notes sur mon téléphone des choses que j’ai envie de dessiner, ou alors j’ai une idée bien précise et je la mets en pratique. Ça me prend en général beaucoup de temps de faire un dessin. Je suis perfectionniste alors je vais le retoucher encore et encore, et demander conseil à mes amis artistes.

Quels sont tes outils de prédilection ?

Je commence toujours mes dessins avec un petit crayon de dessin technique, puis je les “colorie” avec un crayon à encre. Ensuite je termine à la tablette graphique pour avoir de plus belles couleurs. J’utilise d’ailleurs plus ou moins toujours la même palette. J’ai eu ma période “sépia” par exemple, pour raconter un voyage que j’ai fait en Europe de l’Est. Je trouve que ça collait bien avec cette série, une sorte de mélancolie du souvenir.

Célia Marquis

Tu as un style bien défini, avec beaucoup de monstres (qui ont l’air plutôt gentils), des femmes aussi. Qu’est ce qui t’inspire ?

C’est vrai que j’aime bien les monstres ! J’ai pas mal d’influences assez diverses, je suis une grande fan de la famille Adams, je m’inspire aussi des jeux vidéo, des dessins animés pour enfants et j’aime aussi beaucoup les mangas “Gekiga”, un type de manga spécifiquement destiné aux adultes qui traitent de sujets réalistes.

Je trouve ça intéressant de partir sur du fantastique pour parler de sujets forts, un peu politiques si on peut dire. Je ne me considère pas comme une artiste politisée en tant que telle, mais si j’ai des commentaires à faire passer, je vais le faire à travers mes dessins, comme promouvoir la diversité corporelle par exemple.

Célia Marquis

Célia Marquis

Tu es aussi ta propre source d’inspiration puisque plusieurs de tes illustrations sont des autoportraits qui te représentent, avec toujours pas mal d’autodérision…

Les autoportraits sont une partie importante de mon travail, c’est vrai. C’est presque thérapeutique, je veux dire, je connais mes défauts (la paresse par exemple), et je les utilise pour créer des situations un peu ridicules, auxquelles les personnes qui voient mes dessins peuvent facilement s’identifier. Pour moi c’est important d’aborder les choses avec humour !

Célia Marquis

Célia Marquis

Célia Marquis

Tu peux me parler du Clit club que tu as co-créé ?

Le Clit Club au départ c’était une joke entre amies et c’est devenu une sorte de réseau de femmes – on est une douzaine aujourd’hui – qui évoluent dans le milieu artistique, qui se soutiennent et se conseillent. Actuellement c’est une page Facebook, une plateforme sur laquelle on échange mais on aimerait pouvoir développer ça ; montrer nos travaux au public et pourquoi pas ouvrir une galerie !

Célia Marquis

Ça nous intrigue.. quelle est donc cette société secrète des Ghostscouts ?

À ma sortie de Concordia, je suis partie en résidence dans le Vermont pendant un mois, chez Daniel Bandit aka Ghostshrimp, dessinateur d’arrière-plans pour Adventure Time [NDLR : Adventure Time est une série d’animation américaine qui suit les aventures farfelues de Finn l’humain et son meilleur ami et frère adoptif Jake le chien]. On était 8 artistes avec 2 mentors.

Outre nos projets artistiques personnels, on suivait un horaire très strict ; lever 5heures du matin pour faire du sport et des activités en commun comme construire des cabanes en bois par exemple. Et l’après-midi était consacré au dessin. Ça a été une expérience incroyable, on est devenus de vrais amis et surtout un réseau d’artistes qui se conseillent. De temps en temps on organise des réunions « d’anciens » de cette fameuse « société secrète ».

Célia Marquis

Crédit photo : Courtoisie Célia Marquis

Qu’est ce qui s’en vient pour toi dans les prochaines mois ?

Pour le 375ème anniversaire de Montréal, je vais collaborer à la revue Planches. Chaque artiste participant doit faire une courte BD, inspirée d’un lieu historique des arrondissements du Plateau Mont-Royal, de Rosemont ou de la Petite Patrie. De mon côté je vais travailler sur le « Palais des nains », une maison-musée sur la rue Rachel, habitée par une famille de nains dans les années 1920. Je viens aussi d’être acceptée en résidence à Chicago pour les deux premières semaines de juin.

–» Pour vous mettre de bonne humeur (et dédramatiser votre paresse de la fin de semaine), vous pouvez suivre Célia Marquis sur tous les internets : site web | tumblr | facebook | instagram

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Célia MarquisCélia Marquis

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Célia Marquis illustration

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