Clara Luciani – Sainte-Victoire : une floraison de sonorités et de sensualité

À l’occasion de la sortie de son premier album intitulé « Sainte-Victoire » Clara Luciani nous dévoile des mélodies empreintes de mélancolie, de tendresse et de romantisme.

Ton premier album s’intitule « Sainte-Victoire ». Quelle est sa signification ?

Clara : Sainte-Victoire est une montagne immortalisée par le peintre Cézanne qui se situe dans le Sud de la France. Originaire de cette région, c’est une référence directe à mes racines mais le double sens qui s’en dégage m’interpellait également. Le mot « Sainte » induit une forme de mysticisme et le mot « Victoire » aborde les épreuves que nous surmontons au cours de notre vie comme les chagrins d’amour.

Le titre « La Grenade » induit une figure de femme indépendante et résonne comme une forme de révolte. Que souhaitais-tu véhiculer comme émotions à travers ces mots?

Clara : Je souhaitais simplement montrer ma légitimité en tant que femme à composer des musiques et à me produire sur scène. Ce n’est pas de la figuration, une réelle passion m’anime.

« Les Fleurs » est une mélodie empreinte de délicatesse et de mélancolie. Dans quel état d’esprit étais-tu lors de la composition?

Clara : Je ne considère pas avoir un esprit débordant d’imagination. Finalement, mes compositions me permettent de rassembler mon vécu et mon ressenti. L’écriture est un processus libérateur qui me permet d’évacuer des tensions et de me débarrasser de certains fardeaux. Quand mon moral est en berne, je dispose des fleurs dans mon appartement pour le sublimer ce qui redonne immédiatement une forme de vie et d’espoir. Un jour, j’étais avec ma guitare et je contemplais un bouquet en me disant que cette multiplicité de formes et de couleurs était ce qu’il y avait de plus beau sur cette terre. J’aimais l’idée que les fleurs puissent être des oeuvres d’art silencieuses et inconscientes. En tant qu’êtres humains nous avons constamment conscience de notre mortalité ou de la douleur. Les fleurs sont seulement présentes pour être belles et réconfortantes.

« je pense aux fleurs 
et c’est bête 
mais j’envie leur beauté muette »

Tu as récemment repris « The Bay » de Metronomy. Comment t’es venue cette idée?

Clara : L’album de Metronomy intitulé « The English Riviera » est sorti en même temps que mon arrivée à Paris. J’éprouve une forme de tendresse pour ces mélodies que j’ai écouté des milliards de fois. « The English Riviera » incarne la bande son originale de cette période et de ces changements personnels. J’entendais « La Baie » comme une invitation intimiste au voyage teintée d’exotisme voire d’érotisme. J’ai décidé d’emmener cette musique vers une sensualité assumée en imaginant des gens nus en train de manger des fruits.

Le clip constitue une réelle immersion au sein de ta vie d’artiste. Parle-nous de sa conception.

Clara : Je pense que je suis en train de vivre les plus belles années de ma vie. Je voulais conserver une trace de cette période divinement enrichissante et intense. J’ai acheté une caméra classique pour filmer tout ce que je pouvais filmer. Pendant un mois j’ai accumulé une multitude de séquences pour les rassembler et les faire vivre. J’ai proposé une première ébauche puis une monteuse m’a aidé à rendre l’ensemble plus vivant et cohérent. Je voulais créer une forme de rythmique pour ne pas que ce soit pénible à visionner.

Tu confrontes des émotions diverses au sein de ton album comme la déchirure, la mélancolie ou la joie. Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Clara : Je dirais la vie, tout simplement. Quand un événement se produit, je ressens le besoin de le retranscrire immédiatement. L’écriture est un processus salvateur depuis plusieurs années maintenant. Les péripéties tristes ou heureuses constituent le terreau de mes futures chansons. « Sainte-Victoire » incarne une forme d’autobiographie à l’exception d’une musique intitulée Eddy. Je ne pensais à personne en particulier en la composant.

Dans le cadre du processus de création, tu confiais que l’écriture constituait la phase la plus importante pour toi. Qu’en est-il de la composition musicale?

Clara : Ce qui est vrai, cependant tout arrive en même temps. Que ce soit au piano ou à la guitare, la composition musicale vient accompagner voire guider ce processus d’écriture. En ce qui me concerne, associer des mots à des ressentis constitue la partie la plus libératrice. Comme tu disais, cela permet d’extérioriser ce que l’on garde en nous, comme une forme d’exorcisme. Une fois ces pensées formulées, je me sens apaisée voire libérée. Ambroise Willaume est la personne qui s’occupe des arrangements.

L’amour est une thématique omniprésente voire fondatrice pour toi. Comment pourrais-tu le définir?

Clara : C’est donc le début d’une conférence d’une heure et demie ! Je suis loin d’avoir expérimenté cette thématique sous toutes ses formes. L’amour passionnel nous dévore entièrement, nous nous perdons dedans mais nous nous sentons vivant. L’amour raisonnable est moins excitant mais induit une certaine fiabilité et sagesse. L’amour c’est la vie et la vie c’est l’amour.

Ta plus belle collaboration serait avec?

Clara : Françoise Hardy.Clara Luciani

« et le jus des fruits 
entre leurs doigts 
vient se glisser »

son site

Crédits photos: Amélie Canon

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