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A défaut de piquer une tête dans la crue parisienne, on vous propose de faire une plongée dans les internets et ses sous-genres musicaux foisonnant.

Witch House, seapunk, mallsoft, le point commun ces mots incompréhensibles réside dans le fait que tous sont nés sur le web, le tout dernier s’appelle la Simpson Wave.

V A P O R W A V E

Pour comprendre ce mouvement, il faut remonter en 2010 à la naissance de la vaporwave, genre créé autour de samples de soul ou de funk, ralentis (« screwed » dans le jargon) et tournant en boucle. A ceci s’ajoute un clash des esthétiques plastiques: les statues grecques côtoient les fonds Windows 95, les word Art se baladent aux milieux des palmiers et croisent les kanjis, une métaphore nostalgique de ce que représente internet en fait. Car c’est bien la nostalgie qui anime cette communauté apparue sur les forums et groupes Facebook fermés, rassemblant les artistes du genre: James Ferraro, Macintosh Plus ou Luxury Elite. Tous sont des enfants de la génération MTV, et tous ont ce spleen que l’on retrouve plus tard dans les clips de Yung Lean, qui emprunte la même imagerie.

S I M P S O N + V A P O R W A V E = <3

Avance rapide fin 2015, le youtubeur vaporwave E Z E K, reposte sur sa chaîne un clip de 6 secondes pris sur Vine, représentant Bart et ses potes en train de rouler en voiture, sur un fond de musique d’ascenceur. Le clip a déjà des millions de lectures, tout naturellement E Z E K étend cette version avec un morceau, et donne la première impulsion hypnotisante en faisant tourner l’image en répétition.

Le véritable acte de naissance de ce meme animé se trouve certainement dans les commentaires de cette vidéo, où les gens fascinés y projettent une histoire.

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500 000 lectures plus tard, un autre youtubeur, Lucien Hugues pousse le concept à plusieurs autres vidéos et scelle l’esthétique de ce qu’on appelle maintenant la Simpson Wave: des superpositions d’images, du glitch et de la pixelisation comme s’il en pleuvait. Par dessus, on y ajoute le filtre VHS et cette couleur violacée faisant référence au Lean (boisson codeiné dont les rappeurs abusent, faite de sirop pour la toux et de Sprite), mais c’est egalement un clin d’oeil à Dj Screw, père du tempo ralenti.

A la différence de la vaporwave, il n’est pas question ici de fantasmer une vie meilleure ou de rêver se promener sereinement dans un grand penthouse New yorkais en robe de chambre cotonneuse, non. La Simpson Wave met en scène des images dystopiques du dessin animé, les angoisses de ses personnage, dans une imagerie volontairement imparfaite et en même temps très fascinante, mentale, cosmique, pleine de spleen. Une sorte de syndrome de Peter Pan version post moderne dont on ne sait pas quoi penser, mais qui nous scotche par pure curiosité de la suite.

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Impossible de savoir combien de temps ce micro genre vivra, cela ne tient qu’à la créativité de sa communauté, mais les 27 saisons des Simpson + les albums réguliers sortis par les artistes vaporwave donnent un potentiel quasi infini à exploiter. Et qui sait, peut être que cette esthétique sera elle aussi reprise par le mainstream. Vu le dernier clip d’Asap Mob et la passion de Rocky pour l’internet, ce n’est probablement qu’une question de temps.

Et si vous en voulez plus, il existe déjà une centaine de morceaux, réunis en une playlist, bonne plongée !

Eric Rktn est aussi sur Twitter

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