DOUBLEGLAZEDGAZEDOWN

Dès les premières mesures, on a la certitude que ce titre nous possèdera pendant bien plus longtemps qu’on l’aurait imaginé. Maison Ainsi (nous t’aimons d’amour véritable) nous offre, encore une fois, une claque magistrale en la personne du secret Daniel Alexander.

Ex-bassiste de Breton, le musicien, qui revendique une naissance en 2094 et une enfance auprès des derniers ascètes au monde, se révèle compositeur de haute-volée, faisant montre d’une époustouflante dextérité dans sa manipulation du silence et des tonalités mécaniques, vrombissantes.

Le tout sert une mélodie mi-chuchotée, mi-scandée, tel un sanglot, une sérénade amère éructée à la face d’un monde remonté à l’envers.

DOUBLEGLAZEDGAZEDOWN

DOUBLEGLAZEDGAZEDOWN relate une histoire toute contemporaine, celle d’un spectateur du journal télévisé, partagé entre empathie, apathie et révolte face aux inépuisables souffrances relatées en continu : « le double-glazed gaze est une manière de voir le monde sans affect, de façon distanciée » , précise Alexander.

Alors on danse, presque malgré nous, sur une rythmique implacable, une voix déchirante : nos nuits de déroute et nos errance citadines ont enfin leur (bel) hymne.

Images@DanielAlexander

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