Feu! Chatterton : L’Oiseleur, une mélancolie lumineuse et harmonieuse

Le retour de Feu! Chatterton ne résonne plus comme une douce et lointaine promesse mais comme une réalité imminente. Envolées poétiques, justesse des mots enveloppés au sein d’une harmonie musicale authentique, L’Oiseleur est né. Feu! Chatterton : L'Oiseleur, une mélancolie lumineuse et harmonieuse

Tel un héritage, Feu! Chatterton nous propose des morceaux dotés d’une sensibilité rare, portés par la voix suave et interpellatrice d’Arthur. Souvenir, L’Ivresse, Ginger, nous écoutons le début de ce second album prometteur et évocateur. Rencontre hivernale avec ces cinq conteurs talentueux.

Comment percevez-vous le temps écoulé entre Ici le Jour (2015) et L’Oiseleur (2018) ?

Sébastien : Je dirais que ces deux années, presque trois, incarnent une forme de continuité étant donné que nous ne sommes pas passés par une phase de rupture. Dès la fin de notre tournée en 2016, nous avons entrepris une période de création puis de production du second album.

Raphael : Contrairement au premier album, nous avons composé L’Oiseleur en plusieurs mois, nous retrouvons donc une cohérence musicale et textuelle au sein des morceaux. L’Oiseleur représente ce que nous sommes actuellement.Feu! Chatterton l'oiseleur

Comment pourriez-vous définir L’Oiseleur ?  

Arthur : L’Oiseleur est un album qui induit une forme d’amour, de sensualité et de volupté. Ce ne sont pas des thématiques conscientes lors du processus de création mais cela résulte de notre phase de recherche. Pendant la période de tournée, nous sommes comme emportés par un tourbillon d’émotions, nous remarquons que des choses nous échappent. Nous ressentions le besoin de nous recueillir à nouveau autour de la musique et de créer un espace intimiste, comme un jardin. La musique représente pour nous une certaine introspection tout comme la création d’un espace florissant et apaisant.

« Je ne fais que t’attendre, mon coeur, mon coeur,
Sous le ciel noir de cendres »

Comment se déroule votre processus de création ?

Sébastien : Chaque morceau est un recommencement perpétuel, nous ne possédons pas de recette miracle. Le processus de création varie constamment, nous pouvons composer comme une réelle entité tout comme soumettre des pistes indépendamment.

Clément : L’harmonisation globale peut également résulter d’une ligne mélodique soumise par Arthur et résonner comme une évidence. Que ce soit une forme d’improvisation ou une recherche en studio, nous construisons nos morceaux autour d’évidences.Feu! Chatterton l'oiseleur

Comment expliquez-vous l’omniprésence de la mélancolie et de la nostalgie à travers vos morceaux ?

Arthur : La musique est un mode de communication qui nous permet de transmettre la mélancolie que nous gardons en nous. Contrairement au premier album où nous ressentions une mélancolie sombre qui s’appesantit sur la perte rencontrée, le second album induit une mélancolie lumineuse. Désormais, nous contemplons le temps passé avec une certaine quiétude. Nous vivons pleinement les mois qui passent tout en conservant un beau souvenir de ces derniers.

Votre empreinte repose dans l’art de conter la poésie française mais pensez-vous entreprendre des compositions en anglais ? 

Arthur : Soumettre des compositions en anglais est une démarche particulière, nous en interprétons seulement entre nous comme une forme de détente et de plaisir. À travers notre musique, nous traduisons spontanément nos pensées et nous ne pensons pas en anglais. Zone Libre et Le Départ sont des adaptations de poèmes que nous percevons comme une forme d’héritage. Encore une fois, nous nous imposons une règle unique qui est celle de l’évidence et de l’instinct.Feu! Chatterton l'oiseleur

Possédez-vous un souvenir marquant lié à la musique qui serait susceptible d’influencer la vôtre actuellement ?

Clément : Les souvenirs issus de l’enfance nous impactent davantage au cours de notre vie. Je me souviens d’un concert de Radiohead à Bercy. Nous pensons également à des disques de prédilection.

Arthur : À 10 ans, je me souviens avoir découvert l’intégrale de Brassens dans la discothèque de mon père. J’ai entendu une voix nouvelle, une voix authentique. Une personne nous raconte une histoire remplie de magie et de mystère et nous devenons comme garant d’un secret. Je suis sensible à des artistes comme Alain Baschung, Serge Gainsbourg où des sonorités dissonantes se mêlent à des textes poignants.Feu! Chatterton oiseleur

Comment appréhendez-vous cette nouvelle année ?

Antoine : Nous sommes bien évidemment impatients de présenter notre nouveau répertoire pendant la tournée. Comme nous possédons désormais des morceaux variés, nous pouvons dessiner des structures différentes de concerts et nous renouveler. Il nous reste encore trois semaines pour penser à tout cela et nous préparer à ce moment intense !

« Toutes mes pensées naissent
Dans l’abus d’ivresse »

 

Crédits photos: Amélie Canon

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