Aujourd’hui, vendredi 27 janvier, alors que fait chier l’hiver, sa grisaille et sa pluie froide, chez Beware on s’est offert une petite interlude musicale en compagnie de LAZAR et la sortie de son premier EP.

 

 

Non pas Lazar de Bethanie, dont la résurrection fut narrée dans l’évangile de Saint-Jean, ni lazaret, qui est l’ancêtre meurtrier des cellules de quarantaines, mais LAZAR, formation musicale parisienne anciennement connue sous le nom de Crimson, que l’on avait déjà pu découvrir à travers leurs premiers clips Kaléidoscope. Ce dernier, réalisé par Sacha Vucinic _ déjà réalisateur de plusieurs clips et short films dont l’un a le pitch le plus cool de l’année : Un coqueleur organise des combats pour de jeunes Parisiens blasés en manque de sensations fortes _ nous avait déjà plutôt botté par le soin apporter à l’image et le magnétisme de son actrice principale.

Mais aujourd’hui c’est avec son EP, nommé pertinemment Let Me Please Introduce, que LAZAR se présente à nous, et ce, de plutôt belles manières.

Faut dire qu’avec ce premier EP atmosphérique, LAZAR tape fort, et se fait une place dans le rock français à coups de coude. Fougueux, comme la jeunesse l’oblige, LAZAR en une poignée de titres, couvre un horizon musical aux influences diverses, et celui qui y reconnait du The Smiths, du Smashing Pumpkins et surtout du Artic Monkeys ne s’y tromperait pas. Leur lead singer , Clemence Le Gall, ne dissimule pas ses références, qu’on peut considérer comme un pot pourri des guitares sales de The Doors et des travers électroniques de The Strokes et Radio Head, et, avec sa voix ample et androgyne, rend ses mélodies invariablement entêtantes.

Refusant de surfer sur la mode actuelle du rock français littéraire, qui à défaut d’être vraiment bien, se vend bien, LAZAR, lui préfère l’anglais, considérant cette langue comme « un instrument comme un autre ». Pas français, mais littéraire tout même, LAZAR se dote d’une certaine érudition, empruntant à William Blake, et s’épanouissant dans des textes énigmatiques, en forme de litanie sacrée, qui ne serait pas reniée par Morrissey lui-même.

 

Lorsqu’on leur a dit  rock prog  ou  indie, ils nous ont répondu Inner Rock, et après l’avoir googlé en vain, il y a fallu qu’on nous explique. L’Inner Rock, à savoir « rock intérieur », peut se comprendre comme un rock contenu, donc maitrisé, toujours à quelques notes de l’implosion, altérant lyrisme sobre, et plages musicales dissonantes à la Sonic Youth. Si on jouait aux jeux de la métaphore météorologique, on vous dirait que l’Inner Rock est un peu comme ses nuages gris sombres qui longent les côtes bretonnes : une tempête en devenir, un cataclysme en puissance.

Inclassable, LAZAR cs sont eux-mêmes classé, et tout ce qui a un peu de culot mérite obligatoirement d’être respecté.

On vous recommande donc cent fois cette EP qui surprend par sa maturité et sa qualité technique. Avec Let Me Please Introduce, LAZAR prouve qu’il déborde d’ambition, et nous shoot à coup de mélodies efficaces et de riffs acérés. Et puis qui sait, si dans cinq ans, ne se mettront pas à jouer dans leurs garages une flopée de petit groupe se présentant de la mouvance Inner Rock ?

Ainsi vous , lecteur de Beware, vous saurez comment tout ça a commencé.

Pour écouter LAZAR, c’est par , ou bien sur votre plateforme Deezer, Itunes ou Spotify.

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