Après deux tours présentés au Lion d’Or dans les dernières semaines, il ne reste maintenant aux Francouvertes que trois finalistes qui s’affronteront sur la scène du Club Soda le 8 mai prochain. Le concours-vitrine de toutes les musiques y récompensera en partenariat avec Sirius XM la formation gagnante avec un chèque de 10 000$. Mais outre l’aspect récompense, le concours printanier vise surtout à nous faire découvrir de nouveaux artistes! Nous avons décidé de vous faire rencontrer les trois finalistes de cette 21e édition : Laurence-Anne, Les Louanges et Lydia Képinski.

Lydia Képinski

Crédit photo : Marion Desjardins

Aujourd’hui, je rencontre Lydia Képinski. Avec un aplomb assez impressionnant, la jeune musicienne d’origine polonaise présente aux fans de musique émergente des sets solides et inspirés.

Mariant des chansons aux sonorités pop et des segments plus noisy et moins gentils avec une belle profondeur dans les textes, la production de l’irrévérencieuse auteure-compositrice-interprète fait jaser et a déjà su séduire la critique.


Mettons que je te demande de décrire ta musique en trois mots, tu irais avec quoi?

Lydia Képinski : «je» «dirais» ah fuck y me reste juste un mot…

Dans ton écriture, tu sembles être inspirée par les grands de la chanson française comme Gainsbourg et Brassens. Ça transparaît comment selon toi et d’où te vient cet intérêt?

Lydia Képinski : Je suis autant influencée par la chanson française que par le rap. Mes parents m’ont fait écouté de la chanson donc nécessairement c’est venu avant, mais j’ai vraiment compris en écoutant du rap que ce que je cherchais c’était dire plus que chanter. Ensuite tu peux faire beaucoup de parallèle entre la chanson française et le rap, les morceaux sont longs, la structure couplet/refrain n’est pas une loi, souvent c’est juste un bloc de texte avec un hook à un moment donné. Dans les textes de Gainsbourg et Brassens il y a un ton irrévérencieux et une intelligence dans la formulation qui me rappelle définitivement le rap. Ensuite, on me reproche souvent d’avoir trop de textes et de ne pas assez chanter. Moi ça me fait rire et je me dis que peut-être un jour j’aurais de l’avenir comme rappeuse.

 

Ta chanson Apprendre à mentir a beaucoup tourné sur les radios étudiantes et communautaires depuis que tu as lancé ton EP et elle semble aussi fonctionner en spectacle. Peux-tu nous la présenter, pour ceux qui ne l’aurais pas encore entendue?

Lydia Képinski : Bin oui, c’est celle qui est la plus comestible du EP. Le monde est content parce que c’est pas plus répandu. Ça parle de bullshit en général. Parce qu’on aime ça dire de la bullshit pour se rassurer.

Tu ne performes pas tout le temps seule sur scène et on aimerait bien connaître un peu plus tes musiciens parce qu’on les trouve ben bons. Peux-tu nous les présenter et nous parler de votre rencontre?

Lydia Képinski : J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour Steph et Blaise. Ça date du premier album d’Hôtel Morphée que j’ai écouté ad nauseam, ce qui veut dire en latin «jusqu’à la nausée», mais ça veut pas nécessairement dire que je vomis quand je l’écoute aujourd’hui. Non, aujourd’hui je remercie le ciel de nous avoir fait nous rencontrer : ce sont les meilleurs partenaires ever. J’aime qu’on soit trois, on est vraiment tissés serrés. En plus, faire du char avec eux c’est jamais plate, ce qui est un gros plus pour la tournée.

Je sais que ça va marcher mes affaires, il y a beaucoup de gens qui me soutiennent. Ma mère, par exemple.

Tes prestations aux Francouvertes t’ont permis de gagner des shows à la Zone Musique-Midi Indie de la SDC Vieux-Montréal et à la Salle Desillets, ainsi qu’aux festivals Artefact, Agrirock et Pop Montréal. À quel spectacle t’as le plus hâte?

Lydia Képinski : POP MONTRÉAL! J’habite dans le Mile End depuis 1997 (Ayoye ça me rajeunit pas comme disent les vieux…), j’en ai vu passer des POP, pis à chaque année j’ai hâte que ce soit mon tour.

Lydia Képinski

Crédit photo : Marion Desjardins

T’as aussi remporté une bourse de 1000$ de l’Union des artistes et 50 heures d’enregistrement studio. J’imagine qu’on peut éventuellement s’attendre à une nouvelle parution de ta part avec ces beaux cadeaux là?

Lydia Képinski : Bien hâte d’aller enregistrer chez Pilou au studio Le Nid ! On a déjà setté des dates cet été. Pour ce qui est des 1000 pinottes, j’hésite encore entre acheter des actions chez Bombardier et faire couler une reproduction exacte du pénis de mon chum en bronze.

(C’est une joke, j’ai pas de chum.)

Au final, tu te retrouves déjà à être l’artiste la plus récompensée de cette 21e édition. Comment on se sent en recevant tout ça, surtout après avoir connu un traitement semblable dans quelque autres concours-vitrines comme Granby auparavant?

Lydia Képinski : C’est mon destin! Au Cabaret Festif aussi, je finis toujours deuxième mais avec le plus de prix par cumul. Est-ce que la tradition se poursuivra? Aucune idée. Si c’était moi qui décidais je me ferais gagner, mais je vais être contente pour Les Louanges et Laurence-Anne s’ils gagnent. Je sais que ça va marcher mes affaires, il y a beaucoup de gens qui me soutiennent. Ma mère, par exemple.

Lydia Képinski

Crédit photo : Étienne Dufresne

En plus de tout ça, si tu gagnes le 8 mai, qu’est-ce que tu vas faire avec ta bourse de 10 000$?

Lydia Képinski : J’hésite encore entre acheter des actions chez Bombardier et faire couler 1000 statuettes de la reproduction du pénis de mon chum en bronze. C’t’une joke, en fait je vais auto-produire mon album et m’acheter toutes les copies physiques pour les revendre plus cher. #MONEYMAKER #3FOISPARJOUR #HEC

Chez Beware.MTL, on aime parle beaucoup arts visuels. On trouve la pochette de ton EP et tes photos officielles ben cutes. Peux-tu nous en parler et nous vanter ceux qui ont travaillé dessus?

Lydia Képinski : Mon ami Étienne Dufresne est le meilleur en ville, on a fait le shoot de l’album chez lui dans sa chambre et le gros rond en arrière en fait c’est un réflecteur utilisé pour faire dévier le flash. On a décidé de clouer le réflecteur au mur et on a shooté de même, je trouvais ça génial. Étienne était pas sûr, il y avait aussi la shot où je tiens un chat en or devant un mur de post-it. C’est moi qui ai fait le design graphique et la conception visuelle du truc.

Ça aurait pu être n’importe quelle autre option, comme ces photos-là, mais au final c’est vraiment la meilleure. Je me tanne jamais de la voir.

Crédit photo : Étienne Dufresne

En conclusion, à quoi peut-on s’attendre pour ta troisième et dernière prestation du concours?

Lydia Képinski : Je vais avoir un nouvel ampli, mais ça tout le monde s’en crisse. Sinon je porterai mon kit chanceux, soit ma jupe-short bleu foncé foncé!

Crédit photo : Louis Laliberté

–» Pour voir la fameuse jupe de Lydia en personne, c’est lundi 8 mai au Club Soda que ça se passera. On nous indique qu’elle signera peut-être des autographes! (la jupe) : événement facebook

–» Pour suivre Lydia Képinski : site web | facebook | bandcamp

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