MUDDY MONK

Citer Muddy Monk en référence dans la chanson française n’est pas une aberration, bien au contraire il rafraîchit celle-ci avec ses mélodies et ses textes. Après l’univers sensuel et maitrisé du très réussi « Ipanema ». Un album magistral, oui magistral, tout y est, le groove, les mélodies, les sensations, la nostalgie et une cohérence implacable. La mélodie est le maitre mot entre nostalgie et liesse profonde, la musique de Muddy Monk « c’est du lourd ! »

« Qu’elles sont belles les filles d’Ipanema », si belles que nous y sommes sur cette fameuse plage. On lui a posé quelques questions sur son univers  et son nouveau  projet « Premier Ride »,  pour mieux comprendre le producteur il nous a envoyé une playlist aux couleurs de sa musique.

 

MUDDY MONK

IPANEMA

 

BEWARE : Quel est ton parcours en tant que musicien ?

MUDDY MONK : En vrai je n’ai pas vraiment un parcours de musicien. Si ce n’est que j’ai pris quelques cours de Piano étant petit. J’ai surtout été entouré de personnes qui ont stimulé et valorisé ma créativité. Et ça, ça va de mon prof de piano qui me disait « Ce n’est pas important que tu deviennes un virtuose, ce qui est important c’est que tu t’amuses avec la musique le plus longtemps possible », à mes parents, en passant par mon gars Shady qui m’a initié à la prod en home studio. Et j’en oublie…

En écoutant ta playlist on comprend mieux ton univers, peux-tu nous dire ce qui définit  ta signature ?

MM : Comme ça je dirais, des instrumentales planantes, répétées et confortables. Des accords chaleureux et ronds. Peut-être un son assez brut dû à l’analogique. Des voix de têtes un peu naïves et des textes mélancoliques (voir déprimant ahah).

MUDDY MONK

PREMIERE RIDE

 Dans la playlist que tu nous as envoyée il y a beaucoup de morceau inscrit dans la nostalgie. Pourquoi ?

MM : En fait, pour moi la musique c’est que de l’émotion. J’en ai rien à foutre de savoir si cette musique a un message, si le musicien a vraiment joué le solo de guitare, ou si cette meuf chante avec ou sans auto-tune. Et en passant j’en ai aussi rien à foutre de toutes les prouesses techniques. Tout ce que je veux quand j’écoute un morceau c’est vibrer. Et la nostalgie me fait vibrer, je crois que je trouve cette émotion belle à en crever. C’est une ivresse dingue. Une belle baignade dans l’océan des souvenirs idéalisés avec une tombée de tristesse, là tu vibres.

Tu dis vouloir faire de la musique imparfaite et simple, ça signifie quoi pour toi ?

MM : Imparfaite ça veut dire que le premier jet est souvent mieux que les mille suivants (même s’il y a des fautes), ça veut dire qu’une prise voix en one shot aura bien plus de feeling qu’une prise en 10 fois, ça veut dire que je veux que l’émotion prime sur la technique et la justesse. Actuellement, les trucs qui sortent sont tellement léchés en studio qu’ils finissent par être lisse. Prends un pur son de Johnny Guitar Watson et tu sentiras la personnalité du son. Écoute sa voix comme elle est mixée. Actuellement il y a des codes du mixage « parfait » et peu de gens prennent des risques au niveau du son. Et simple, ben c’est un mélange de flemme et un héritage du hip-hop sans doute. J’adore trouver la boucle parfaite, celle dans laquelle t’es confortable et celle dont tu ne te lasses pas. Simple ça veut dire que si t’as une bonne idée, il n’y a pas besoin de mille variations autour.

La langue française plutôt que l’anglais, pourquoi ?

MM : Parce que je suis de langue française et j’aurais l’air bien con à chanter en anglais ahaha. En plus, j’adore faire danser la langue française, j’avoue que c’est pas toujours facile, mais quand tu trouves des jolis filons, c’est parti. En fait, l’anglais j’ai l’impression que c’est un peu une planque pour les francophones. Genre : vas-y on ne  prend pas trop de risques on chante en anglais. Bon et après il y a aussi le truc que je suis vraiment fou de chanson française.

MUDDY MONK

MUDDY MONK

Peux-tu me dire les noms de la chanson française  qui t’inspire ?

MM : Brel, Cabrel, Voulzy, Tellier, Doc Gynéco, Bashung, Souchon, Noir Désir, M, Céline Dion, Matthieu Boogaert, Arnaud Fleurent-Didier, sinon je suis fan à mort de Francis Laï mais les interprètes varient selon les œuvres. Après je pense pas que tous se ressentent dans ma musique mais c’est des trucs que j’adore en tout cas.

Comment se déroule ta création ? L’écriture seconde t’elle la composition ? Tu joues des instruments ?

MM : Pour commencer, j’allume ma MPC, je tape une boucle qui me plait en commençant par des accords (2 au maximum si possible  ahah) J’aménage un peu tout ça, drums, basse, synthé mélo, je peaufine. Quand l’instru me plaît, je commence à chantonner, à tester des phases et s’il en sort un truc qui me plaît c’est parti. Oui je joue des claviers.

Quelle introduction peux-tu faire pour ton  nouveau projet  «  Première Ride » ?

MM : C’est un pur EP 3 titres, dans un style un peu « rétro new wave » avec beaucoup de synthés trop cool (ahah j’ai claqué quelques tunes), c’est un projet qui parle de partir à l’aventure pour tromper la routine, c’est un projet qui parle de rider la nuit à la Drive, ça parle de prendre des risques et d’accepter qu’il y ait des accidents. Ca parle de virages énormes où l’on tremble, ça parle de faire lever les roues parce qu’on meurt de hasard. C’est une invitation à partir toujours à l’aventure à ne pas s’endormir dans le confort et la sécurité. Bref je me réjouis vraiment de partager ce truc.

À quoi ça ressemble la période de travail autour d’un projet ?

MM : C’est une période d’euphorie, tu te sens comme en route pour un truc sérieux. Tu vis ta vis de tous les jours, mais à la maison tu as des perles qui sont en train de se construire petit à petit, c’est vraiment trop bon. Je souhaite à tout le monde de ressentir une fois, rien qu’une fois l’euphorie de la création.

Pour finir cette fameuse fille d’Ipanema elle existe ?

MM : quasiment sûr, sinon ce n’est pas la peine de continuer aha. Non mais en vrai la fille d’Ipanema elle existe dans chaque fille en qui tu crois. Et elle disparaît une fois que les illusions sont tombées. Et du coup tu la retrouveras chez la prochaine que tu penses être « la bonne ». C’est ça le jeu.

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