Crédit: Jill Forte

« J’fais paisiblement c’qu’ils font péniblement »‘, quel toupet. C’est pourtant le leitmotiv qui revient dans les textes du jeune rappeur Lord Esperanza. Le boug se proclame « l’enfant du siècle » et sort aujourd’hui son premier EP solo, Drapeau Noir, qu’il hisse sur un rap jeu francophone qu’il a rejoint depuis peu. Insolence justifiée? Cette critique va tenter d’y répondre.

Tout est allé très vite pour le jeune Lord, depuis son premier projet Luxury en 2015 sorti avec le rappeur Lux, Esperanza est depuis un an signé chez le label/distributeur Modulor et sort aujourd’hui ce nouvel opus en solo. Évoluant entouré de ses potes MC, le rappeur attise les attentes pendant que les vues s’accumulent. Si ce n’est déjà fait, la Grünt 31 qui lui est consacrée ainsi qu’à son compagnon de micro Eden Dillinger (membre du groupe High Five Crew), avec qui il prépare un projet commun, est à regarder au plus vite. Le média rap consacrait une session aux deux rappeurs et se justifiait de son choix en prônant le talent des jeunes bougs, Jean Morel (créateur du média) ne s’est jamais trompé dans ses pronostics, nous voilà prévenu.

En hissant fièrement son Drapeau Noir, projet de 9 titres tous produits par Majeur Mineur, Esperenza avance sans obstacles. C’est par l’amour et la haine que semble être habité Lord. D’un titre à l’autre le changement est radical et une thématique en chasse une autre. L’exercice de style se veut donc varié. L’exemple le plus probant de ce twist musical crève les tympans de la piste 6 (« L’insolence des Elus ») à la piste 7 (« Drapeau Noir »). Le titre éponyme du projet pourrait être un morceau chargé d’égo trip mais on se retrouve loin du compte, agréablement surpris. C’est une romance auditive accompagnée d’un long riff de guitare que nous compte ici Lord. Les bangers viennent rythmer l’EP et sont tous chargés en textes travaillés. « L’insolence des élus » est la preuve que les jeunes rookies du rap-jeu en ont gros sur la patate et ne désintéressent pas du monde dans lequel ils vivent. Mais rassurons nous le mc sait aussi faire dans le banger « bête » et méchant, « Interlude » (piste 4) et ses nombreux freestyles qu’il diffusent sur Internet parlent d’eux mêmes.

D’une manière globale, le projet se veut éclectique et étonnant, la direction artistique est travaillée (merci Modulor) , et la collaboration rappeur/beatmaker se veut Ying et yangesque. Que dire de plus si ce n’est que Drapeau Noir nous a plu. Qu’il faudra payer le prix de quelques années pour savoir si l’enfant du siècle l’est réellement, mais on pense déjà avoir la réponse et nous ne semblons pas être les seuls.

Drapeau Noir sort aujourd’hui.

TRACKLIST:

1. Origines
2. Emily
3. Aujourd’hui encore
4. Interlude
5. Comme tous les autres
6. L’insolence des élus
7. Drapeau Noir
8. Danse avec les ombres
9. Love Yourself

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