Odd Future a commencé comme ça. A la base, c’était un collectif rassemblant différents talents et spécialités dans le but de créer un magazine. Le projet a muté à une vitesse incalculable, et le reste appartient à l’histoire. L’équipe derrière The Northside Issue n’a pas le temps non plus, pas même celui de se présenter. Se mettre eux-mêmes en avant n’est de toute façon pas le but de ce média papier et vidéo, qui verra le jour en septembre. Ils préfèrent laisser parler les gens qu’ils découvrent aux détours de conversations et rencontres organiques, naturelles, avec derrière cette idée de représenter une génération qui mérite un plus grand coup de projecteur. On les a capté en pleine ligne droite avant la publication de leur numéro 0.

THE NORTHSIDE ISSUE: Nous sommes 4 jeunes actifs basés sur Paris, ayant grandi dans le nord de la France. Dans l’équipe, chacun a son domaine: on a deux spécialistes de l’image, une personne dans l’événementiel / la communication et un expert du son qui eux, produisent aussi des images.

BEWARE : L’idée est née comment?

TNI: Ça a pris forme concrètement il y a 8 mois, on s’est jeté à l’eau avec l’instagram , on vient juste de créer notre page Facebook et maintenant on travaille sur la finalisation du numéro 0 papier et du site.

B: Plus tôt, tu me disais que le magazine servait à mettre en avant des personnes, il y a une ligne directrice ou c’est au feeling ?

TNI: Le magazine sert les gens de notre entourage qui ont des choses à défendre et à raconter. Ce sont aussi des rencontres comme tu dis au feeling, parce que ces gens-là dégagent quelque chose d’intéressant. Même s’ils sont mannequins, on les choisit aussi pour leur personnalité. Après, notre but c’est d’être un média qui met au devant de la scène des nouvelles marques par exemple, ou des artistes au sens large, pas assez exposés à notre goût.

B: Tu peux me parler d’une rencontre qui vous a particulièrement marquée?

TNI: Oui, on a rencontré Gogo de la team Pigalle, on lui a proposé de le suivre dans son intimité. Il nous a ouvert ses portes, nous a présenté sa famille, ses amis… On a été extrêmement touchés par sa gentillesse, de la participation de son entourage et de la confiance qu’ils nous ont accordée. On y voit tout l’envers du décor d’un personnage influent Parisien. On prépare un beau projet autour de lui.

On a aussi Tanh Shei, le créateur de la marque Mort Paris qui supporte tous nos projets depuis 2012. L’un des premiers modèles pour Northside nous a raconté la vraie histoire de Mort, et ça mérite vraiment d’être entendu par un maximum de personnes !

B: Ca me fait penser au magazine vidéo Places + Faces qui s’intéresse aussi à ce côté intime de gens connus, vous connaissez?


TNI: Oui, et on aime beaucoup d’ailleurs, mais on essaye de se démarquer car on est vraiment sur des acteurs de notre génération. On tient à travailler autant avec des influenceurs que des personnes talentueuses qui n’ont pas encore de suivi, et proposer leur travail à nos lecteurs.

B: Il y a ce même côté humain derrière. D’ailleurs j’ai vu que vous étiez aussi à Dour, vous avez tourné quelque chose là bas?

TNI: Venant du Nord et partiellement de Belgique, on ne pouvait pas passer à côté ! On a l’habitude d’y être depuis des années, et beaucoup de gens de notre entourage s’y retrouvent. On a jugé important d’en parler dans le numéro 0, sans pour autant faire des photos street style type Coachella parce qu’on trouve ça chiant. On est parti en explorateur pour découvrir de nouveaux profils pour nos prochains reports et éditos, on a rencontré des gens très motivés dans leurs ambitions. Et on a voulu aussi mettre en avant ces gens qui ont les mêmes influences que nous et qui étaient vraiment là pour profiter, et qui finalement nous on fait kiffer. On a fait un petit reportage, c’était de la dernière minute.

Une photo publiée par THE NORTHSIDE ISSUE (@thenorthsideissue) le

B: Quand tu parles d’influences communes,tu penses à quoi ?

TNI: Nos influences musicalement, visuellement c’est la street. C’est plus large que ça tu sais, nous ce qui nous influence, ce sont les gens qui partent de rien et se battent pour atteindre leurs objectifs. À partir de là, tu peux relier tout ce qu’on aime, musicalement par exemple on peut rattacher le hip hop à une lutte. Forcément, c’est un mouvement qui nous touche et nous inspire beaucoup. La rue, c’est aussi faire croquer à l’autre quand on peut. On n’est pas là pour se mettre en avant, on est là pour sublimer les autres, on taffe trop, on a trop de cernes, on n’a pas le temps.

B: En fait, ce projet me fait plus penser à Kourtrajmé au début, c’est super immédiat, urgent, on n’a plus le temps de se poser des questions, on fait et puis on verra ?

TNI: C’est exactement ça mec ! C’est notre crédo: il faut produire, intelligemment quand même, mais produire coûte que coûte…C’est comme nos shootings et notre manière d’être en réalité, on prend les éléments que l’on a et on s’adapte. On ne prévoit pas de make up artiste, les personnes se sappent comme elles l’entendent et si elles préfèrent qu’on les habille, on se débrouille pour faire participer des gens qui nous soutiennent. On ne prévoit pas vraiment nos lieux, c’est du vernaculaire. C’est notre génération.

B: Sur la forme, le magazine va s’articuler comment ? Il y aura quoi?

TNI: Il y a 3 éléments qui constituent Northside: le magazine papier, la chaîne Northside TV, et les events. Il y a très peu de textes dans le magazine, d’où l’idée d’une chaîne. Elle est là pour donner une voix au magazine et elle nous permet de nous exprimer. Les vidéos montrent l’envers du décor, nos créations, nos interviews quand on part à la rencontre d’artistes ou quand on part en report. C’est comme ça que l’on peut raconter l’histoire des gens. Nous avons également décidé de créer des événements artistiques autour d’un thème, avec des projections videos,  showcases et expositions à chaque sortie de numéro, où nous pourrons rassembler tous les acteurs de Northside dans un même lieu, pour échanger, partager, voir, écouter et aussi nous l’espérons , créer des connexions entre artistes.

B: Tu crois que les connexions entre artistes, c’est quelque chose qui manque dans les magazines existants?

TNI: Pour être sincère, c’est plus un magazine photographique, même s’il n’est pas improbable qu’on finisse par faire des articles dans le futur. Et on veut surtout créer une communauté creative autour de ça, que ce soit de la vidéo, des photos ou même de la musique car on trouve que c’est un truc qui manque dans les médias actuels. Places + Faces est le média qui se rapproche le plus de ce que l’on fait mais ils sont à Londres. On a très peu d’offre en France sur ce style de magazine, ce qui nous a inspiré au départ c’était C-heads, pour sa simplicité et son naturel, meme si on n’est pas branchés « meuf en sous vêtements  » on a réadapté l’idée à nos envies, voilà comment Northside est né.

B: C’est une réponse par déception à ce qui existe déjà aussi

TNI: Bien sûr, c’est une déception quasi constante en parcourant la presse française: pas assez de diversité, toujours les mêmes au devant de la scène… On voulait vraiment lancer un média qui nous donne la possibilité de créer tout ce qui nous passe par la tête.

B: Sur votre Instagram, j’ai vu Dimeh et Lomepal, tu peux me dire qui il y aura dans ce premier numéro ?


TNI: Oui pas mal de rappeurs, Roméo Elvis aussi. Sois pas trop curieux, laisse place au suspens…C’est le genre de magazine où tu es susceptible de voir aussi tes potes dedans.


B: Si on vous propose une tête d’affiche pour le magazine, vous dites quoi ?

TNI: Si on a la chance de l’avoir dans son environnement naturel, avec plaisir. On ne se braque pas sur la notoriété, ce qui nous intéresse c’est la personne. Elle serait représentée de la même manière qu’une autre qui aurait moins de followers.

B: On peut résumer comment The Northside Issue alors?


TNI: Franchement, on est là pour prôner la simplicité, l’unicité et la déter’ !

En attendant le premier numéro, vous pouvez retrouver The Northside Issue sur Facebook / Instagram


Eric Rktn est sur Twitter

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