En trainant assez sur les applications pour trouver l’amour, et à force de s’user le pouce, on finit par remarquer que beaucoup de profils se ressemblent, et que la majorité d’entre eux se résument à « live your life » ou « live you dreams », bref à se lâcher. Mais combien le font vraiment? Le fait-on nous même? Est-ce moralement acceptable? Magnum Ice Cream, Xavier Dolan et le magazine i-D en tout cas le pensent. Pour donner corps à cette idée, ils ont organisé une sélection de court-métrages, mettant en concours et en avant trois réalisateurs sur le thème du lâcher-prise, de la Vie Magnifique, du fait d’être fidèle à soi même.

« Zap: Pleasure is ageless » par Patrick Downing

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Ari Seth Cohen côtoie énormément les personnes âgés sans travailler en maisons de retraite ni être gérontologue. Sa passion pour eux, leur passé et aussi leur façon de s’habiller l’ont fait créer « Advanced Style », un blog célébrant des séniors qui en ont (du style). Le travail d’Ari sert donc de base pour le court-métrage du réalisateur Patrick Downing, et met en scène deux polissons, forcément bien sappés, échappés de leur chambre d’hôtel qui se retrouvent en secret pour partager une décharge électrique, un câlin, un moment ensemble. Attendrissant, efficace et une bonne preuve que le temps n’altère pas le désir.

« Kai: Pleasure is letting go » par Andrew Cummings

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Il n’y a pas plus naturel et logique que la rencontre entre Laurent Liotardo et Andrew Cummings. Le premier est un danseur aguerri du Ballet National Anglais et également photographe saisissant les corps des ballerines en mouvement. Le second a décidé d’écrire l’histoire d’une danseuse, Kai, qui ne vit que pour cette discipline et s’entraine sans relâche. Des moments sous tension que ses amis tentent de lui faire oublier en lui faisant lâcher prise. Vous nous direz « oui, mais bon elle danse encore », c’est vrai, mais mieux, car elle a retrouvé ce truc qu’on appelle le plaisir (et la vraie vie aussi). Le climax final est parfaitement soigné, aérien, poétique.

 « Wild Space: Pleasure is following you heart » par Kara Smith

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Le court métrage de Kara Smith tient plus de la comédie que de de la poésie, et met en scène un marin parti trop longtemps en mer pour s’occuper de sa femme, laquelle s’est éprise d’un Commodore (le soldat britannique, pas l’ordinateur du même nom). Une seule issue: un bon vieux duel à l’arme. Des plans fixes et une photographie qui font beaucoup penser à Wes Anderson, sous les tambours du Youngblood Brass Band. 6 minutes très catchy pour les yeux et les oreilles.