Night Visions c’est le premier enfant de Chico Mann et Captain Planet. On les connait mal, donc quelques présentations s’imposent.

Chico Mann

Marcos Garcia aka Chico Mann est new-yorkais d’origine cubaine, fils de musiciens mais surtout d’un producteur. Naturellement, le jeune s’y met aussi : guitare, puis piano, break dance : un type éclectique ! Très rapidement, il composera ses premiers morceaux malgré les conseils de son père, qui l’incite à rester en dehors du business. Il trouve ses marques en mélangeant les rythmes Afrobeat à la musique cubaine et aux beats electro. Et chant en espagnol, bien sûr ! Il est également guitariste et chanteur du très bon Antibalas Afrobeat Orchestra.

De l’autre côté des platines s’installe Charlie Wilder, qui porte le masque de Captain Planet. N’ayant pas particulièrement grandi dans la musique, il y trouve ses repères par lui-même lors de son adolescence : Hip-Hop, Reggae, musique latine et africaine. Contrairement à son pote Marcos, il commence par mixer à la radio, ce qui satisfera son obsession pour les vinyles pendant un temps. En 2005, Bastard Jazz, Records publie The Gumbo Funk, son premier disque, qui se vendra plutôt bien : c’est là que Captain Planet décolle. Depuis, toujours plus de collaborations et de digging qui ont poussé son intérêt jusqu’aux frontières de la House ou encore de la Dubstep.

Captain Planet

Voilà ! Maintenant que savez de qui on parle, les imaginer travailler ensemble prend plus de sens. Avec Night Visions, les deux artistes réalisent leur première collaboration longue. Dans un registre plus moderne que celui auquel s’apparentent leurs influences respectives, cet album, c’est un peu Buena Vista Social Club au 21ème siècle (pas tout au long de l’album). Les mêmes qu’avant, mais avec un DJ en plus. Le disque en lui-même est assez riche de genres. Ça a évidemment du bon, mais pas que. On va voir pourquoi avec quelques morceaux.

L’album commence par deux excellents titres, Somos Candela et Oye Bien, qui correspondent assez bien à ce qu’on imagine lorsqu’on parle de musique latine moderne. Rythmes latinos et instruments d’aujourd’hui : le mariage est parfait. Plus on avance dans l’album, et plus les sons électroniques prennent le pas sur les sons traditionnels. Dans d’autres morceaux, on entend les synthés faire leur apparition au milieu du chant latino pour poser une marque de modernité dans l’album.

Chico Mann et Captain Planet

Cependant les deux artistes tentent pas mal de trucs plus ou moins réussis. On passe dans un registre beaucoup plus mainstream avec Como Me Miras et Y Ahora Que. Plus dansantes que les deux premières chansons, certes, mais qualitativement moins intéressantes. C’est malheureusement le cas de trois ou quatre chansons de l’album, qui, sans faire tache, s’éloignent vraiment du monde musical duquel viennent Chico Mann et Captain Planet, et rendent l’album un peu moins cohérent dans la démarche globale

L’album reste réussi même s’il est quelque peu décousu. L’alliance Latino-Afrobeat-Deep House est finalement assez cool. Le genre semble tout de même compliqué à maitriser : les quelques morceaux évoqués plus haut en témoignent. Heureusement, quelques perles démontrent que les deux artistes savent s’y prendre. Là où ça devient vraiment intéressant, c’est à l’écoute de ce que chacun à fait avant Night Visions : rien à voir avec cet album, ou en tout cas, peu de liens musicaux. L’expérience est concluante et c’est tout à l’honneur du duo qui est sorti de ses plates-bandes pour l’occasion. Bref, deux artistes pas très connus mais qui méritent de l’être un peu plus.

Add Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *