Comment définir un personnage tel que OJO ? OJO, Jonathan Peters de son vrai nom, est avant tout un artiste. Musicien d’abord avec son groupe Fire/Works pour lequel il compose, chante et joue de la guitare, et désormais dessinateur, artiste visuel et performeur.

Sous ses sonorités hispaniques, « OJO » cache en fait une toute autre origine : celle d’un petit bonhomme (voir photo ci-dessous), avec deux yeux ronds et un nez, que Jonathan dessinait souvent et qui s’est finalement imposé naturellement comme sa signature.

Ses premières compositions graphiques étaient plutôt simples, réalisées à l’encre de Chine, parfois tendres, parfois psychédéliques. Puis à l’été 2016, sans raison manifeste, son style change radicalement. Il introduit la couleur – beaucoup de couleurs -, de nouvelles techniques comme le spray paint, et ses traits deviennent maladroits presque enfantins. « J’ai essayé de travailler avec ma mauvaise main, ça me donnait le prétexte de faire quelque chose de laid, de moins précis et c’était un bon moyen de m’enlever la pression, n’ayant jamais appris le dessin de façon académique », confie l’artiste. À force de travailler avec « sa mauvaise main », un déclic s’opère et OJO parvient à peindre presque indifféremment avec ses deux mains.

Et là c’est l’explosion, la révélation. OJO se lance dans la production quasi industrielle d’œuvres, comme s’il y avait une urgence à créer. « J’ai l’impression que ces oeuvres sont tout le contraire de ce que je suis. On me dit souvent que je dégage de la tranquillité, de la sagesse, indique-t-il. Là c’est tout l’inverse, c’est enfantin, cru, animal, enragé, imprévu. »

D’ailleurs OJO avoue ne jamais planifier ni préparer ses œuvres, ce qui renforce cette impression de travail instinctif. « Souvent, j’ai juste comme un instinct créatif, sans que ce soit lié à une thématique, j’ai simplement envie de faire quelque chose. Alors je me place devant ma toile, je peins le fond et souvent une heure trente ou deux heures plus tard la toile est terminée », nous explique-t-il.

Désacraliser pour créer

S’il n’a pas de thématique de prédilection, plusieurs de ses œuvres ont trait au religieux, on voit notamment des représentations de Mère Theresa, de Jésus, des croix, des clochers. Loin d’être un fervent croyant, OJO entend plutôt désacraliser la religion, en la présentant à côté de choses inintéressantes ou tristes : « Si j’ai une ambition, c’est de mettre la religion au même plan que les princesses Disney », précise Jonathan Peters.

En effet, OJO a envie de provoquer, de discuter de la culture populaire et de sa propre culture au travers de ses œuvres. C’est comme ça qu’il a commencé à introduire des stickers emoji dans ses tableaux, une façon de renforcer le côté caricatural de ses toiles.

Depuis qu’OJO s’est réinventé dans un style qui n’est pas sans rappeler celui de Jean-Michel Basquiat, il a eu l’occasion d’exposer ses œuvres à plusieurs reprises. Il lui arrive aussi de proposer des sessions de live painting, expérience qu’il va d’ailleurs renouveler ce samedi 28 janvier à l’Espace des Mêmes. Le concept de cette fin de semaine ? Pendant que le groupe montréalais CRABE jouera, OJO et son acolyte d’un soir, Marco Cartier, improviseront en même temps sur un même canevas face au public. Cette proximité avec le spectateur ne lui fait pas peur. Au contraire, il estime qu’elle le stimule et qu’elle lui permet d’aller plus loin dans ses idées, de moins se censurer que lorsqu’il est seul dans son atelier.

Si vous avez envie de découvrir OJO à l’ouvrage en live et le voir, peut-être, peindre avec sa mauvaise main : Rendez-vous à l’Espace des Mêmes ce samedi soir –» événement facebook

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OJO

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