On a tous rêvé au moins une fois d’aller en Islande, pour ses paysages oniriques, ses canyons, ses légendes mythologiques ou pour tourner un clip de PNL. Mais c’est toujours mieux de visiter l’île avec des locaux pour vous raconter ces histoires.

C’est ce qu’a fait Olafúr Arnalds pendant son périple de sept semaines, durant lesquelles il a invité ses amis dans des endroits chargés d’histoire, pour composer un morceau, le jouer et l’enregistrer dans la foulée, devant la caméra de Balvin Z. Dans chacune de ces sessions, Olafúr se fait discret, toujours en retrait pour laisser les autres dans la lumière. Il était temps qu’on sache enfin de quoi il retourne. 

BEWARE: Ça y est, c’est terminé. Comment tu te sens maintenant ?

Olafúr Arnalds: plutôt bien, je viens juste de jouer le dernier concert de la saison des festivals, et la dernière vidéo de mon voyage est sortie. J’ai hâte de faire un break maintenant mais je suis déjà en travail sur la prochaine saison de Broadchurch.

B: Je voudrais citer Hilmar et Georg qui ont écrit à propos de cette expérience « le but d’un musicien est d’être vulnérable, en donnant une part de lui ». Après 7 semaines de voyage j’imagine que tu dois être « vidé ». 

O: Je pense que Island Songs était une bonne opportunité pour beaucoup de monde de donner de sa personne, pas seulement pour moi…Même si c’était un processus long et fatiguant, je ne me sens pas si vide. Plutôt le contraire en fait, je me sens plus inspiré que quand j’ai commencé ce voyage.

B: En parlant justement des gens invités dans ce voyage, j’ai trouvé ça très cool de les voir dans leur environnement naturel, leur village d’enfance ou les endroits qui avaient un sens pour eux, comment vous avez choisi tout ça?

O: Chaque invité et chaque lieu à été choisi différemment ou pour des raisons totalement différentes. Pour certains que je connaissais, je leur demandais simplement s’ils voulaient qu’on fasse de la musique ensemble comme Nanna (du groupe Of Monsters and Men ndlr),  pour d’autres j’avais quelques idées de musiques et je cherchais la personne qui pouvait le mieux convenir, comme Dagný. Et puis il y en a d’autres encore pour lesquels Baldvin et moi avions des concepts vidéo avec la musique, comme Einar et Porkell.

B: Einar, c’est bien le grand père du chanteur Asgeir, c’est ça ? 

O: Oui, en fait je connaissais déjà le travail d’Einar à travers celui d’Asgeir, comme son grand père écrivait les paroles de ses chansons. L’idée de cette vidéo était qu’on recrée la scène d’un film de Baldvin, « Life in a Fishbowl« , où un poète lit son texte pendant que la musique démarre par dessus. On a pas mal cherché, mais il se trouvait qu’Einar était le meilleur candidat pour ça.

B: Il y a aussi cette session avec Alti, où il écrit à propos du sentiment de revenir en Islande. J’ai l’impression que c’est un sentiment très spécifique à la culture islandaise, le retour à « Heima »

O: Oui, je ressens la même chose ! Beaucoup de gens nés en Islande y retournent à un moment ou à un autre. Il y a un sentiment assez exceptionnel de fierté et d’amour pour la maison chez nous.

B: Je dis « Heima » exprès à cause du documentaire de Sigur Rós qui porte ce nom, mais aussi parce que ça m’a fait penser à « An Island » de Vincent Moon avec Efterklang. Ce sont des films qui vous ont inspiré ?

O: Je n’ai pas vu celui d’Efterklang, mais celui de Sigur Rós oui, et avec Balvin on s’était justement dit qu’on ferait le contraire ! Donc quelque part, ça nous a un peu influencé… On adore « Heima », mais on voulait faire un film qui se concentre sur les personnes et l’endroit où ils vivent plutôt que faire de la mise en scène pure.

B: Ça prendra quelle forme au final, toutes ces vidéos? Il y aura d’autres choses en dehors des sessions ?

O: On va en faire un long métrage, on a commencé à le monter, on a filmé pas mal d’interviews et beaucoup pendant notre voyage, tout le film va se construire autour de ça.

B: Il y a un moment qui m’a frappé dans la session à Dalúr, dans ta maison d’enfance. A la fin, il y a un moment de flottement quand la musique s’arrête, comment s’est passé cette session ?

O: J’avais écrit la partition des cuivres en avance, mais à la dernière minute on s’est rendu compte que ça serait plus fun s’ils improvisaient après que j’aie fini de jouer au piano. Du coup pendant la session, on me voit écouter leur impro en riant un peu sur cette dernière note. D’où ce moment où tu me vois sourire.

B: J’imagine que faire une session dans cette maison d’enfance était important aussi, Nanna disait que quand elle était petite elle inventait des histoires de fantômes, on tu faisais quoi?

O: J’étais un peu solitaire comme elle quand j’étais enfant. Je passais la plupart de mon temps à écouter de la musique ou jouer de la batterie. Je voulais les CD de mon grand frère, et c’est comme ça que j’ai découvert la musique qui m’a marqué.

B: En tant qu’islandais, je me disais aussi que ta culture influençait beaucoup ta musique. Je lisais une interview de Bang Gang où ils parlaient des légendes d’Islande. Ca t’a aussi marqué ou pas du tout ?

O: J’ai jamais vraiment aimé ça… Je préférais Harry Potter.

B: Pour parler de totalement autre chose, j’ai vu que le hip-hop islandais est en pleine expansion maintenant avec des artistes comme Ulfur Ulfur,  tu me conseilles d’écouter qui?

O: La scène musicale islandaise devient très hip hop oui, et c’est super ! J’adore Ulfur Ulfur, j’ai travaillé avec eux sur quelques instrumentaux d’ailleurs. Je te conseille d’écouter GKR, et Hildur aussi qui est un artiste électro pop très cool.

Les sept morceaux de Island Songs sont a retrouver dans cette playlist:

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Eric Rktn est sur Twitter

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