Aujourd’hui nous allons nous attaquer à la découverte d’un excellent photographe, à savoir Patrick Curtet. Ce dernier nous a accordé une interview durant laquelle il se confie sur différents points de sa vie et de son travail. Patrick est un photographe qui s’est spécialisé petit à petit dans la photographie automobile, cela l’a amené à travailler pour de grandes marques comme Peugeot.
Ses photographies reflètent un travail soigné, une longue expérience et un sens du visuel pointu.

Tout d’abord, peux-tu nous expliquer un peu ton parcours. La photographie était-elle une vocation pour toi ?

Bonjour, je suis Patrick Curtet je vis de la photo depuis 30 ans maintenant. J’ai vu que les études semblaient être une source d’inquiétude pour mes parents. J’ai assez rapidement abrégé leurs souffrances et à 18 ans je suis parti aux Etats-Unis avec un boitier emprunté à mon frère, qui lui, faisait une école de journalisme. L’expérience m’a amusé et j’ai commencé à piger à mon retour dans la presse régional. Ma mère était secrétaire de rédaction d’un hebdo et j’avais accès à la rédaction. A ce moment là, j’ai rencontré quelques journalistes qui m’ont pris sous leurs ailes. Pendant 3 ans je suis allé de banquets aux remises de médailles dans les maisons de retraites en passant par les boites de nuit ou des chanteurs de secondes zones venaient se produire. C’était une belle expérience. Parallèlement à ça, je faisait des courses de motos et j’ai fini par rencontrer le rédacteur en chef de moto journal. Quand je lui ai montré mes images d’amateurs éclairés, il à penser à moi pour un remplacement. Au final, j’ai passé quatre ans à courir le monde afin de couvrir les différents championnats du monde. Ensuite je suis devenu freelance. Je suis de nouveau reparti aux USA afin de trouver des sujets que je pouvais vendre à la presse française. C’était une nouvelle vie avec aucune sécurité financière. Il ne fallait pas se poser de questions. Juste être malin et trouver la bonne histoire. De fil en aiguille je suis allé dans près de 60 pays pour couvrir des sujets aussi variés que les éléphants en Tanzanie, les maharadjahs en inde la traversée de la chine dans le train de macho ou Albert de Monaco aux JO de Lilehamer. Depuis 15 ans maintenant mon travail tourne énormément autour de l’automobile. J’aime bien cette discipline qui est plutôt technique. Le fait de shooter également des paysages, de l’architecture ou des personnages donne à ce domaine un attrait particulier.

Quelle importance accordes-tu à la post-production ? Pourquoi ? Y accordais-tu autant d’importance lorsque tu as commencé la photographie ?

La post prod fait partie intégrante de mon approche de l’image. C’est un passage obligé. Elle est parfois simple, parfois plus poussée. Elle doit servir le projet et non prendre le pas sur celui ci. Mais surtout il ne faut pas se reposer la dessus. L’image se fait avant tout au moment du shooting et la préparation est le maitre mot pour la réussite d’un projet.

Depuis l’arrivée de la photo numérique et de certains logiciels de retouche d’image, la photographie est devenue beaucoup plus « accessible ». Il devient simple de pouvoir exprimer sa créativité grâce à la photographie. Certains photographes ont peur de ce changement et de voir leur travail disparaitre entre les mains de profanes sans réelle expérience. Que penses-tu de cette évolution ? A t-elle été positive ou négative selon toi ?


De mon côté je trouve génial que cet univers se démocratise. On peut faire des images sans être technicien, mais on fait de meilleures images en étant créatif et technicien. Il faut répéter mille fois ses gammes avant que tout cela ne devienne naturel. Un footballeur ne réfléchit pas avant de faire une reprise de volée. Il sent la balle, il voit le but. Développer sa propre technique pour faire face à toutes les situations est une délicieuse quête sans fin.

Quel est le photographe que tu admires le plus ? Pour quelles raisons ?


J’ai beaucoup regardé les grands classiques au début, mais aujourd’hui c’est sur le net et au quotidien que je me nourris. Il y a énormément de gens talentueux, jeunes et moins jeunes. Aujourd’hui c’est facile de surprendre sur une série d’images. Ce qui est difficile c’est de répéter de bonnes prestations, de trouver une écriture visuelle dans laquelle on se sent bien et qui puisse évoluer dans le temps.

Quel partie de ton travail apprécies-tu le plus ? Et quel partie aimes-tu le moins ?

La préparation des images est un moment particulier. Il faut penser à toutes les solutions possibles et se mettre à l’abri de tous problèmes techniques. Il ne faut pas s’enflammer sur une idée. Il faut voir si demain ce sera toujours une bonne idée.
La partie que j’aime le moins dans tout ce processus, ce sont les devis à défendre. Il n’y a rien de créatif là dedans et c’est pourtant un passage obligatoire.

Projetons-nous en 2050, imagines le monde de la photographie à cette époque…

En 2050 la photos ce sera des albums souvenirs de nos enfants. Et le reste dans des musées ou sur quelques murs de galerie où ce sera hype d’aller.

En vrac :

Le film de l’année à tes yeux ? J’ai trouvé « le discours d’un roi » magnifique.
– La meilleur idée que tu aies eu cette année ? heuhhhhhhhhhhhhhhh
– 2012 l’année de… ? l’énergie, le respect de l’autre.
– Un souhait à formuler ? Si on savait le temps qui nous reste on prendrait d’avantage de temps pour ceux que l’on aime. Prenons le temps.


Ton avis sur Bewaremag.com ?


C’est le genre de site que je regarde le matin en prenant mon bol de céréales. C’est frais et c’est bon de se réveiller avec le bon air du temps présent.

Merci Patrick d’avoir accepté de répondre à ces quelques questions et bonne continuation.

Pour les plus curieux, rendez vous sur son portfolio !

www.curtet.com

 

1 Comment

  • mfp services 22 octobre 2012 14:08

    Je suis 100% d accord, j apprécie votre style. Vous avez une très belle plume, bravo !

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