Sur le perron, vous tournez la poignée de la porte. Vous pénétrez dans le hall d’entrée et derrière vous se referme la porte d’un bruit sec. L’orage au-dessus de vous, ou plutôt dans votre tête, commence. Vous êtes… dans la Maison-Piège de Look Sacré. Un premier album dark et lyrique, paru le 4 avril dernier. 

À première vue, le travail musical de Look Sacré, une formation hors de l’ordinaire, peut paraître sombre. Mais en fait, derrière le rythme soporifique et ombrageux des basses, le tintamarre des cymbales et des percussions, se cache un hymne à l’aventure. Le résultat n’a pas été facile à obtenir, mais comme le dit Simon Malouin (voix, guitares et textes) : « Des fois, c’est mieux de garder la distorsion face à l’épuration. »
En racontant l’histoire d’un aventurier rempli d’un potentiel énorme mais découragé devant l’ampleur de ses projets, Look Sacré démontre que nous sommes l’origine des valeurs particulières que nous donnons aux choses. « Je sais pas exactement ce que ça veut dire quand on parle de sens particulier, mais ça veut dire quelque chose quand même, se questionne Pier-Luc Lussier (basse et voix). Malgré qu’on ne soit pas capable de l’exprimer en mots […] c‘est quand ça cloche que le reste prend du sens. » 

Identités musicales multiples

Avec le côté rageur du rock et l’aspect taciturne du soul, on pourrait plonger en partie l’identité de Look Sacré dans l’acid blues. Sur un long-jeu de sept chansons, on découvre 28 minutes d’innovation. Cela apporte un son légèrement gothique, mais surtout rock, avec un rythme souvent lent et dramatique.

« Il fallait que les émotions soient exprimées lentement et que l’auditeur soit au centre de la pratique musicale sans le considérer comme un consommateur de musique. »

Leur musique très homogène nous permet peut-être de nous perdre dans nos pensées. Ce phénomène est né d’un besoin de Simon Malouin de créer un état du présent, un contact. « Pour laisser la place qui revient à l’auditeur dans nos chansons, il fallait que les émotions soient exprimées lentement et que l’auditeur soit au centre de la pratique musicale sans le considérer comme un consommateur de musique », explique-t-il.

Look Sacré

Dans le titre WOB par exemple, les percussions et surtout les cymbales battent sans faille et sans repos. L’idée de cet effet provient d’une réflexion de Pier-Luc Lussier sur le bruit ambiant : « Il y a des bruits et des nuances qui, lorsque travaillés, peuvent interagir et gagner des qualités, relève-t-il. La cacophonie urbaine, lorsqu’on la pense et la met en oeuvre, on peut lui donner un sens ».

C’est dans le morceau Maison-Piège, que les voix se font les plus présentes en entonnant des hymnes ressentis et des choeurs déferlants. On a également droit à une sortie tempérée, un moment d’apaisement où les vagues et le vent de l’orage décident finalement de se reposer. C’est en fait aux yeux de Pier-Luc, une représentation du temps qui passe.

Maison-Piège est un album qui se veut la narration d’un monde artificiel. C’est une porte ouverte vers la confrontation personnelle, un miroir sans filtre. Et alors que le temps avance de plus en plus vite, si vite que demain est déjà hier, Look Sacré vous offre un dernier repos avant l’excursion de votre vie.

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Look Sacré

1 Comment

  • Paul Aucoin 31 mai 2017 14:51

    Si cet article ne donne pas le goût de les voir live rien ne le fera! Merci

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