Nouvelle signature du label Nowadays Records (Clément Bazin, La Fine Equipe, Jumo, Fakear…), le jeune producteur canadien Robert Robert dévoile « Welcome To Finetown », son troisième EP et premier opus à paraître sur le label français.

Repéré sur Secret Songs, label du producteur Ryan Hemsworth, l’artiste a déjà joué sur des plateaux où nous pouvions croiser Tokimonsta, Breakbot ou Fakear, sur les scènes du Printemps de Bourges, du Nova Mix Club ou du Piknic Electronic. Nous l’avions également remarqué sur la Nowadays Vol. 7 (Montreal Tape), en feat avec Le Vasco et Lia. Aujourd’hui, il entre dans la famille Nowadays et nous offre un EP dans la lignée d’artistes comme Douchka ou Kultur, une expérience pop de la musique électronique contemporaine.

Une chose est sûre, l’artiste a vu les choses en grand ! D’entrée de jeu, il dégaine une armada de beats percutants, du très envoûtant « Coolest Place In The Universe » ou débridé « Sad Anthem », cultivant une approche hybride, synthétique et résolument moderne de ses machines. Et le format pop ne serait pas complet s’il n’y avait pas des voix çà et là, comme sur le très beau « Clay (I’ve Heard It All Before) ». Le projet se termine sur « Get To You Safe », en feat avec Ryan Playground, électrique et virevoltant.

Le jeune producteur canadien s’amuse avec les codes de la pop et triture les textures dans tous les sens afin de leur donner des couleurs mélodiques innovantes, sans perdre en impact émotionnel. Ses mélodies accrocheuses deviennent un terrain d’expérimentation et l’artiste se révèle en maître de cérémonie derrière ses machines, capable de nous émouvoir et nous entraîner dans la transe nocturne, toujours avec goût.

 

Notre interview de ROBERT ROBERT

par Mathieu Aubre

Déjà bien établi à Montréal depuis la parution de son premier EP, Not Self-Titled, il y a deux ans, le DJ Robert Robert nous a présenté du nouveau matériel la semaine passée. Un EP intitulé Welcome to Finetown, lancé sur l’étiquette française Nowadays Records, qui poursuit les explorations musicales du jeune prodige avec aplomb.

Bien ancré dans son esthétique house dansante, l’opus est toutefois plus complet, plus personnel et offre une réalisation davantage mature que ces prédécesseurs. Pour en savoir un peu plus sur le projet, on est remonté directement aux sources en rencontrant le DJ.

Comment ça se passe, sauter du statut de beatmaker montréalais indépendant qui lance des tracks sur Soundcloud à celui d’artiste signé sur une maison de disque européenne?

Robert Robert : J’apprécie les connexions inter-atlantiques qui m’ouvrent ainsi les portes de l’Europe et d’un univers de professionnalisme hors du commun. Je n’ai jamais eu de problème à travailler avec mes amis proches sur mon projet musical, mais de franchir cette nouvelle étape est définitivement quelque chose d’agréable pour moi! L’équipe de Nowadays a été coulée d’or dans un moule de passion, et faire partie d’une cohorte aussi extravagante me remplit d’une joie que j’accueille à bras ouverts!

Illustration : Eve Saint Jean

Qu’est-ce que tu as voulu exprimer sur ce nouvel EP? On ressent un peu les thèmes de l’ennui, de l’appréhension face à l’entrée dans le monde adulte et les responsabilités qui viennent avec, à mon avis, mais peut-être que je me trompe aussi…

Robert Robert : C’est l’une des analyses les plus précises que j’ai eu l’occasion de lire à date! J’ai travaillé environ 1 an et demi sur ces chansons, durant une période de ma vie ou tout se chamboulait – ainsi va la jeunesse, semble-t-il! – et chaque chanson représente un mélange de résistance et de nostalgie par rapport aux zones grises qui apparaissent. La façon dont chaque émotion n’est ni bonne ni mauvaise, mais simplement ce qu’elle est, et le constant travail de relativisation que l’on doit faire pour rester ancré dans la réalité sont aussi des inspirations.

Tu es un habitué des collaborations. Sur WtF, on retrouve les Montréalaises Anna Majidson et Ryan Playground. Comment est-ce que tu choisis les gens avec qui tu travailles? Et j’ai aussi lu que tu avais déjà dit en entrevue vouloir un jour travailler avec Ariane Moffatt. Penses-tu que ça va se concrétiser un jour?

Robert Robert : Mes collaborations se font de façon très naturelle. J’ai rencontré Anna grâce à un ami en commun, et Ryan est ma meilleure amie, la musique n’étant qu’un des multiples liens qui nous unissent. En général, je vais travailler avec des gens dont j’apprécie le caractère et qui me donnent un sentiment d’intégrité dans leur approche de la musique. Arianne Moffatt est trop cool pour moi en ce moment, mais peut-être qu’un jour tout sera en place pour que ce rêve se réalise!

Illustration : Eve Saint Jean

Tu as travaillé avec la dessinatrice Eve Saint Jean pour tes visuels… Comment s’est passée cette réalisation?

Robert Robert : J’ai toujours collaboré de façon relativement étroite avec les gens qui s’occupe des visuels qui accompagnent ma musique par intérêt, mais aussi par plaisir. Travailler avec Eve Saint Jean faisait énormément de sens pour moi. Tout au long du processus, Ève a été magnifique, ouverte et talentueuse, et je suis bien heureux d’avoir eu l’occasion de travailler avec elle avant qu’elle ne devienne trop connue pour qu’elle puisse voir mes messages!

Illustration : Eve Saint Jean

Commences-tu à songer à une éventuelle tournée en Europe ou à l’extérieur du Québec? Et sinon, on peut te voir quand en spectacle dans la province?

Robert Robert : Je vais faire mon premier spectacle live le 15 juillet prochain au Newspeak. J’anticipe déjà énormément l’expérience, ceci était ma première fois. Pour ce qui est de l’Europe, on se voit en automne!

–» Pour écouter la musique Robert Robert (et le stalker sur les réseaux sociaux) : facebook | soundcloud | bandcamp

Illustration : Eve Saint Jean

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