Quand on évoque l’imaginaire collectif sur la question du singe, il n’en sort pas toujours du bon. Questionnant des festivaliers du Pete The Monkey, ces derniers faisaient référence à la géniale série Malcolm. Connaissez-vous cet épisode où le pauvre Greg, voisin provisoirement handicapé, se fait martyriser par un singe sensé l’aider ?  Mais si, l’épisode 22 de la saison 3 ! Épisode, notons-le, dont la première diffusion en France a eu lieu sur M6 le 10 octobre 2003.Absence de sérénité. Voyez plutôt…

 

Pourquoi parler de ce singe qui n’a aucun rapport avec le festival ? Pour la simple et bonne raison qu’il est tout aussi pervers et sadique que ce festival sue la bienveillance et l’amour. Petit mémo sur les moments marquants de ces trois jours de délicieuse sérénité.

Silent Party au festival Pete The Monkey

Silent party. Le jour, allongés dans la paille et un casque sur les oreilles, on peut se faire la meilleure sieste du monde en étant bercé par Louis Mallié qui joue au piano des improvisations de thèmes traditionnels norvégiens du XIIe siècle. Le soir, une cinquantaine de personnes dansent. Des casques vissés sur la tête, leurs pieds froissent la paille disposée au sol pendant qu’un DJ passe de la musique qu’on n’entend pas. Quand on l’écoute on rentre dans la même folie, surtout lors du set disco/house d’Étienne 3000, un des larons de Pain Surprises Records.

Basile Di Manski. En parlant de Pain Surprises Records, plutôt que d’évoquer Jacques qu’il était impossible de voir à cause de l’affluence, il y avait ce concert en fin d’après-midi où Basile Di Manski s’est donné. Parmi les deux scènes du festival, il jouait sur le magnifique amphithéâtre que les organisateurs ont construit sur la cime d’un arbre. En plein milieu de ce sylvestre décor, l’homme présentait chaque chanson avant de la jouer. Before The World aurait par exemple été écrite suite à un rêve où il surfait au milieu de dinosaures. Si le public d’après-midi n’était pas encore saoul et plutôt calme, tout le monde a néanmoins fini debout dans une belle communion.

Camion Bazar. Impossible de ne pas en parler. Ce camion, devenu incontournable, s’est fait squatter tout le weekend par différents collectifs, surtout parisiens : Gramophiles, L’Impératrice ou encore Tafmag. On retient le passage du Your Song de Billy Paul qui a mis tout le monde d’accord en mode big love la vie est belle.

Bagarre au festival Pete The Monkey

Bagarre. Sur le coup de minuit, ce concert là valait son pesant d’or. Après la prestation d’un chauffeur de salle qui n’a pas chauffé grand chose avec des banalités qu’on pensait enterrées depuis des lustres (un maximum de bruit pour Bagarre ; on vous entend paaaaaas), le groupe a directement mis le paquet et la foule a suivi. Un des membres du groupe s’est même improvisé majorette en faisant virevolter ses béquilles. Tout le monde était chaud, avec un show en son et lumière qui ne laissait de toute manière pas le choix.

La Chorale. Le vendredi après-midi les Anglo-saxons de LCV Choir déboulent à l’amphithéâtre que nous évoquions plus haut et font des reprises, le tout a capella et rythmé par un beatboxer aux petits oignons. Ils reprennent When Doves Cry de Prince, Lean On de Major Lazer ou encore Can’t Feel My Face de The Weeknd… Le chef de la chorale ferait penser à un mélange entre la Whoopi Goldberg de Sister Act et le Jack Black de Rock Academy. Surtout, les reprises ne sont pas de simples versions que toute belle voix serait capable de faire. Elles constituent un vrai parti pris artistique avec des réinterprétations qui donnent une nouvelle dimension à la chanson. Que du bonheur, surtout avec le beatmaker qui finit par un solo de dix minutes qui scotche tout le monde.

Le djset de Paradis. L’ambiance était géniale. Deux personnes aux platines. Le plus impliqué fumait cigarette sur cigarette. Dans un élan de génie, on s’est dit que c’était un peu le Guillaume Gallienne du djing français. Si le mot « dj set » est vraiment beaucoup trop galvaudé de nos jours, ici on avait affaire à une vraie démonstration de force. La musique qui passait était bien choisie et tout à fait mise en valeur. Ça a commencé par du french boogie très à point, ça a suivi par des edits coolos et de la new wave qui faisait penser à Manchester… Un maximum de dancemoves qui sont dans la playlist qu’on vous a concocté.

Les activités extra-musicales. Vous pouvez colorier des masques de singes et les fixer sur votre doux minois. Vous pouvez aller à une conférence qui présente l’association CIWY qui défend la cause des animaux sauvages et est ainsi en partenariat avec l’association Pete The Monkey (pour en savoir plus sur cette association, relisez ici notre article où on vous la présentait). Vous pouvez aller dans le tipi de l’Asile où un jeu très simple et prenant a été mis en scène pour vous : des dessins minimalistes représentent un film que vous êtes censés retrouver. Enfin, nous avons eu un coup de coeur pour le projet de Cook That Sound. Intéressés par la correspondance entre le goût et la musique, ce collectif avait réalisé quatre installations comestibles représentant chacune un artiste : Papooz, Basile Di Manski, François & The Atlas Mountains et Flavien Berger. Enfin, il était possible, et nous l’avons fait, de se marier – en toute sérénité.

Les hics. Des superpositions de son qui nuisaient parfois à une bonne écoute.  Des lieux un peu trop petits comparés à la quantité de gens, notamment l’impossibilité de voir le concert de Jacques ou de danser dans la grange qui accueillait à partir de deux heures chaque nuit des dj sets La Mamie’s, Pain Surprises Records et Pouvoir Magique (Mawimbi).Manque de sérénité. Le cours du token est révalué à la hausse au Pete The Monkey. Ce ne sont plus deux euros qu’il faut débourser mais trois, les pintes de blonde basique restent au prix raisonnable de six euros mais le festival suit une politique de prohibition qui veut que nul alcool rentre au sein du festival – et même du camping. Manque de sérénité. Il y en a bien sûr toujours qui rentre mais il semblerait plus judicieux de faire baisser les prix de l’alcool ou alors de permettre aux festivaliers d’en faire entrer. 

En bonus, comme toujours… La playlist de quelques tracks qu’on a pu entendre et reconnaître au fil du festival. À écouter dans le même état d’esprit qu’au festival : en toute sérénité.

 

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