The Moonlandingz

La transgression, c’est de se raser avec une bûche énorme surmontée de la lame de rasoir la plus tranchante qui soit, dans les hauteurs de la banlieue de Sheffield. C’est en tout cas la performance presque insoutenable que le groupe The Moonlandingz offre dans son dernier clip, The Rabies Are Back.

Le chanteur, Lias Saoudi, a relevé le défi haut la main, avec force coupures ensanglantées et port altier de grognard napoléonien. Un regard de défi qui ne laisse rien transparaître de l’évidente insoutenable douleur.

Sous un garage-psyché au chant scandé, deux moines passent en arrière-plan, tirant à bout de bras un bateau gonflable format enfant rempli de sang (un hommage à la crise des migrants à travers un clin d’œil à Fitzcarraldo de Werner Herzog, aka le film que tu as failli voir, mais auquel tu as préféré X-Men).

Délire post défonce ? Message politique ? The Moonlandingz, c’est un peu tout cela, une transe désespérée sur les cendres d’une époque dont les misères nous dépassent, jusqu’à embaumer nos fêtes de privilégiés impuissants, trop flemmards et sardoniques pour inverser la marche du monde. Une surboum amère et déglingue dont on pourrait douter de la sincérité si l’album Interplanetary Class Classics n’avait pas été produit par Sean Lennon himself.

Premier opus de la formation, les titres géniaux se bousculent, de Vessels à Sweet Saturn Mine, en passant par Lufthansa Man. Un album à tiroirs passionnant, qu’on se surprend à (ré)écouter telle une déambulation déglingue sur un terrain vague parsemé de tessons de verre. Et, entre les clous rouillés, des coquelicots à perte de vue.

Interplanetary Class Classics, The Moonlandingz (Chimera Music)

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