Mecque de la techno, lieu de pèlerinage nocturne pour tous ses amateurs, et source intarissable de créateurs, Berlin a vu naître The/Das. Le duo s’y est formé il y’a 5 ans. Après plusieurs EP et un LP sortis sur Sinnbus et Life And Death, Fabian Fenk et Philipp Koller composent Drug Dilling, qui sort cet été chez Life and Death, après de longues sessions studio.

Leur signature musicale est en réalité très proche de ce qu’on imagine lorsqu’on parle d’Electro berlinoise : avant-gardiste et originale, parfois minimale, sans forcément se rattacher à un genre musical précis. Drug Dilling, c’est trois morceaux tous différents, sans continuité, plus un remix par DJ Bone. Ils regroupent ce qui fait le succès à la fois du groupe et de la musique berlinoise en général : des sons ultra travaillés qui donnent un vrai caractère au groupe et une patte reconnaissable, et un jeu de percussion perdu entre la House et la Minimal.

Top Vibes ouvre le bal. Tech-House un peu KiNKesque, le morceau est plutôt long (quasiment 8 minutes), et en constante montée jusqu’à trouver sa vitesse de croisière. Décrit comme un magicien du synthé, Anton Feist fait progresser la mélodie en superposant couche sur couche, et les laisse s’évaporer au fur et à mesure. Alors que les lignes de percussions incisives tranchent le morceau les mélodies laissent une impression de fluidité générale qui permet à ce genre de Techno, typiquement répétitif, de retenir l’attention jusqu’à la fin de l’écoute.

 

Le morceau éponyme évoque lui aussi d’autres artistes basés à Berlin. L’intro notamment, très proche de ce qu’on entend dans The End, de Monolink et Acid Pauli. Chez The/Das, on retrouve le même genre de sons, progressifs, comme dans le premier morceau, mais dans une version plus froide et minimale. Le chant, s’installe en même temps que l’intro, d’une voix qui n’est pas sans rappeler Darkside, qui pour le coup, n’est pas du tout berlinois, mais à marqué cette scène par ses nombreux passages.

 

Enfin, Holy Rollers, le dernier morceau, est lui aussi du pur-sang berlinois : comparez avec des artistes du célèbre label Watergate, comme Hyenah : rythmiquement c’est à peu près pareil. En revanche, si le volume le plus haut va aux percus chez Hyenah, il y’a beaucoup d’équilibre lorsqu’on écoute The/Das. Au bout de l’écoute de l’EP, on se rend compte que la vraie patte de The/Das se trouve dans ses synthés, qui dans ce dernier morceau, sont surprenants d’originalité.

Alors qu’on a parfois l’impression d’avoir fait le tour du mythe de l’Electro allemande, des groupes comme The/Das nous rappellent qu’il est encore possible d’être original lorsqu’on appartient à un monde musical déjà si riche, dans lequel se faire un trou semble difficile. Au contraire, leur fidélité au style de cette scène combiné à leur signature ouvrent le champ des possibles : c’est l’assurance d’un EP qui présente quelque chose de complètement nouveau.

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