Non nous n’étions pas dans le désert de Californie pour la nouvelle édition de Coachella mais bien à Vincennes pour l’authentique et l’écologique We Love Green. L’imposante construction géométrique de Jean-Charles Castelbajac se dressait devant nous comme un totem pour nous proposer une immersion certaine. Le ton était donné comme un avant-goût d’été attendu et fruité.

(Crédit photo : REMY GOLINELLI)

Brumisateurs, tentes colorées et étendues désertiques nous évoluions au sein d’un univers dépaysant. Les notes musicales estivales nous conduisaient vers un marathon vivant et poétique.

L’Impératrice, Pépite, Parcels de scène en scène nous étions invité à des voyages surprenants et uniques. Fermer les yeux et visualiser la beauté des mélanges musicaux permet une forme d’évasion au sein d’une atmosphère chaleureuse et hypnotisante. Bières à la main, nous sentions les vagues de chaleur sur notre peau encore endormie. Interpelés nous contemplions ces instants de vie tout en conservant une forme d’intimité. Le We Love Green utilise la végétation comme une scénographie qui prend vie, se déploie et se mêle à des sonorités sensuelles. Les chemises fleuries de Pépite se mouvaient sur la vaste scène pour le bonheur simple de la foule ébahie et attentive. Tourbillon d’émotions à travers des découvertes et révélations prometteuses. La performance remarquable de la duchesse de la darkwave crée une rupture réelle à notre hibernation collective. Grâce, détermination et ingéniosité représentent la prodige ABRA que nous continuons de suivre avec attention. Fruits, Roses, Pride sont des mélodies reconnues et attendues qui entrainent une forme de symbiose notable avec la foule. En attendant l’année prochaine, la programmation exotique résonnera en nous comme un écho singulier. La chaleur et le bonheur c’est tout ce dont nous avons besoin.

« F*ck that delicious ! »

C’est ce qu’on a eu envie de dire quand on a observé de loin ces 4 compères entrain de chiller et d’attendre sereinement le changement de plateau. Et quel plateau mes aïeux ! Il pourrait être : de fruits de mer, de fromages, de charcuteries, de … tant l’homme attendu est un fin gastronome et un chef cuisinier hors pair.

Alors pas question de louper l’un des plats principaux de ce Dimanche 11 juin sur la scène de la Clairière, on arrête de picorer les tapas du voisin qui a fait 20 min. d’attente sur le stand Animal Kitchen et l’on se concentre sur la véritable assiette gastronomique sonore qui nous arrive droit devant : ACTION BRONSON.

(Crédit photo : REMY GOLINELLI)

 

Un dressage simple et efficace : le rappeur et son rap game est en place, impossible de le louper avec son flow et sa tonalité reconnaissable parmi tous. Il s’amuse à envoyer les pistes avec sa télécommande et charie son DJ, c’est bon enfant mais bien plus. L’osmose est là et la foule succombe au plat du chef ! « La proie du Queens est là et elle lisse, glisse dans tes oreilles ».

On savoure les grands classiques : « Actin Crazy » / « Easy rider » / « Baby Blue » … et puis on se délecte de pépites comme « Mr 2 Face » (feat Meyhem Lauren & Jah Tiger) qui nous fait voyager sur les terres de la Jamaïque et qui nous rappelle l’incroyable champ de registres sonores dans lequel peut nous emmener « Mr. Wonderful ».

Une osmose dingue et du kiff’ jusqu’au bout des lèvres, du live !

(Crédit photo : REMY GOLINELLI)

Y’a pas photo, le We Love Green et son public tape très fort et décroche avec saveur un « 4 étoiles » pour avoir fait vivre à Action Bronson l’un des meilleurs shows de sa carrière, rien que ça !

Pour continuer à fêter cette distinction hors norme mais également la sortie de son prochain album nommé « Blue Chip 7000 » qui sortira début Août (avec paraît-il Rick Ross en invité), l’on dégusterait bien l’une des 2000 bouteilles de vin rouge validé par Action Bronson lui-même auprès de deux experts en vin naturel : Patrick Bouju et Clovis Ochin.

(Crédit photo : REMY GOLINELLI)

Etiquette signée par un ancien des Arts Déco : Yue Wu.

Autre escale pour un idéal, l’Américano-Chilien Nicolas Jaar qui était lui aussi très attendu par un public particulièrement attentif et prêt à se laisser envoûter jusqu’aux confins de son univers si personnel.
Et pour cause, lorsqu’on le cite, c’est déjà l’impression d’une immense carrière que draine ce compositeur et producteur né en 90’ (27ans) et ce notamment lorsqu’il sort à 21 ans seulement, son premier opus (« Space is Only noise » – 2011) d’une maturité déconcertante.

Alors oui, la maturité dans le secteur musical est souvent abordée dans les interviews, mais ce premier album a été d’une telle mise en assise pour ce nouveau venu dans le cosmos de la musique électronique que, bien évidemment, un live sur We Love Green avec un dernier opus « Sirens », sorti en Septembre dernier, s’imposait.

Résultat des courses : une envolée magistrale sur la planète Jaar : un mastodonte de l’expérientiel.

(Crédit photo : REMY GOLINELLI)

Démultiplier les sens, voilà peut-être une des clés de la réussite de Nicolas Jaar sur scène.
Apprécier sa musique demande (heureusement !) de la patience. Pour ce début de live : 12  minutes d’introduction instrumentale évoquant un micro-climat à lui tout seul (pluie ? gouttes d’eau ? forêt ? orage ? …) : une ouverture hypnotique comme une clé de voûte essentielle à l’invitation.
Et puis la fumée présente sur scène s’est dissipée pour laisser place à la suite du live de l’expert-chercheur en « mixmusicologie ».

Nicolas Jaar c’est un laboratoire de bruits et de sonorités qui flirtent, s’accouplent, se torturent, pour au final former une palette de sentiments tout en puissance durant tout le live.

Tout est dans la maîtrise des détails qui vont attirer votre attention.

La performance rejoint le « punctum » de Roland Barthes (tant apprécié par son père artiste : Alfredo Jaar) mais ici dans la musique.

C’est cette idée d’un détail (qui n’est ni le fruit d’un acte volontaire, ni d’un artifice) dans le son ou dans la scénographie que vous arrivez personnellement à vous projeter.

C’est par exemple ce moment (que seuls certains festivaliers ont pu observer s’ils étaient assez proches de la scène) où la silhouette d’une vague arrive sur scène grâce à un jeu de laser et de fumée opéré par les ingés. son & lumière. A cet instant précis, une nouvelle consistance est entrain de se jouer.

 

Retour en vidéo :

Retour au We Love Green 2017

On a fait un tour au We Love Green pour y tater le gazon et checker Action Bronson, Justice, Damso et les autres.

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