Ana Roy, ou Anabel Jolin-Roy de son vrai nom, est un jeune phénomène de l’illustration et de la sérigraphie montréalaise. Outre ses totebags rigolos, Ana Roy est avant tout la reine des slogans pleins de dérision qui sonnent tellement juste. Qui n’a jamais eu envie de s’exclamer « Namaste Caliss » à la fin de son cours de yoga ?! Beware.MTL a voulu en savoir un peu plus sur la femme derrière les dessins minimalistes, à la fois drôles, décalés et lucides, qui te font relativiser tes petites névroses quotidiennes.

Ana roy

Parle-moi de ton parcours, comment es-tu devenue illustratrice ?

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé dessiner, mais pendant longtemps je ne m’imaginais pas en faire mon métier. Ne sachant donc pas trop quoi faire (mais aimant quand même beaucoup ça), j’ai étudié le graphisme au cégep Saint-Foy. Honnêtement, je n’étais pas la meilleure des graphistes mais ça me rassurait d’avoir ce bagage-là, et puis j’ai continué en bac de Design graphique à l’UQAM. En dernière année, j’ai fait un cours stage en illustration. J’ai commencé à travailler sur un projet qui me faisait du bien : un livre sur les petits bonheurs de la vie. C’est une façon de rappeler que même les plus petites choses méritent la plus grande attention.

Ces petits bonheurs quotidiens c’est le sujet de ton premier roman graphique «Les petites choses» sorti à l’automne de l’année dernière…

Tout à fait! En fait, ce projet c’est justement la continuité de ce que j’avais commencé à faire dans mon cours d’illustration. Après cet atelier, j’ai su que j’avais envie de publier un livre. Et puis au même moment, j’ai été approchée par un éditeur, Mécanique Générale, qui avait vu mes sérigraphies et qui m’a proposé de faire un livre.

Comment es-tu passée de l’illustration à la sérigraphie ?

J’ai découvert la sérigraphie à l’UQAM. L’un de mes professeurs m’a beaucoup aidé. Il était sérigraphiste lui-même et a vu que j’étais réceptive à ses cours, il m’a donc proposé de l’aider à faire de la sérigraphie. Et ça m’a donné envie de faire mes propres projets! Quand j’ai été acceptée à Puces Pop, on m’a demandé de faire des chandails et voilà comment tout est parti!

Entre l’illustration et la sérigraphie, as-tu une préférence ?

Difficile de choisir! C’est sûr que je peux dessiner partout, l’illustration a quelque chose de plus spontané. Tu prends ton cahier et ton crayon (stylo à bille noir basique pour moi, pas des crayons trop complexes ou trop chers, ça me met la pression!) et that’s it. La sérigraphie demande par contre plus de « préparation », il faut louer un local, avoir le matériel. Mais la sérigraphie me permet d’explorer un autre mode d’expression, de peaufiner mon travail en quelque sorte.

Tu décris toi-même tes œuvres comme « s’adressant aux angoissés de ce monde », es-toi toi-même angoissée?

Oui, je suis une personne qui a tendance à être anxieuse et souvent je dessine pour me calmer, prendre du recul de façon humoristique sur la vie, sur mes expériences. C’est au travers de mes dessins que j’arrive à m’exprimer.

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Le yoga – thème récurrent de tes illustration – est-ce aussi une façon de calmer tes anxiétés?

J’essaye de pratiquer le yoga même si je n’ai pas toujours la rigueur pour le faire. Mais le « namaste caliss », c’est mon ancienne coloc qui me l’a inspiré. Elle s’était mise au yoga et quand elle partait tôt le matin pour son cours elle ne semblait pas zen du tout! J’ai beaucoup aimé ce paradoxe, le « namaste caliss » était né!

Les femmes occupent une grande place dans tes illustrations…

C’est vrai que je dessine presque toujours que des filles, je ne m’en étais jamais vraiment rendu compte! Je pense qu’étant donné que je parle des petites choses de la vie, de mes angoisses, c’est des sujets dont j’ai plus l’habitude de parler avec mes amies femmes, d’où leur peut-être surreprésentation dans mes illustrations.

 

Le 21 juin dernier, Ana Roy a lancé sa nouvelle collection d’été (NDLR : le Namaste Caliss est encore là, rassurez-vous!). Elle travaille également sur un nouveau projet de livre, sous format BD cette fois-ci «avec une histoire plus poussée», comme elle nous le confie. On a hâte de lire ça!

–» Pour suivre les créations minimalistes et inspirées d’Ana Roy, c’est par ici : site web | facebook | instagram

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