La 59ème édition du World Press Photo vient tout juste de s’achever, avec un palmarès d’envergure soulignant encore une fois toute l’actualité et l’importance d’une pratique comme le photojournalisme.

Cette année, c’est le Turc Burhan Ozbilic qui remporte le premier prix, témoin de l’assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie Alexei Karlov par un policier le 16 décembre 2016, expliquant son acte comme étant une vengeance suite à ce qui se déroule encore aujourd’hui dans la ville d’Alep. Son cliché d’une incroyable force, immortalisant la scène au mépris du danger, est apparu dans de nombreux médias du monde, cristallisant le traumatisme d’une population. D’ores et déjà perçue par de certains publics comme une apologie du terrorisme, l’image est symptomatique des tensions traversant l’opinion publique à propos du terrorisme, de l’Islam et de la Syrie.

Turc Burhan Ozbilic

Voici le palmarès de cette dernière édition, témoignant à travers une série d’instants fugaces, de  l’agitation de notre époque.

Laurent Van der Stockt

Premier prix « Informations générales » : réalisé à Gogjali, quartier libéré de Mossoul, le 2 novembre 2016 par le photojournaliste du journal Le Monde Laurent Van der Stockt, l’image baptisée « Offensive sur Mossoul » immortalise la peur et l’effroi d’enfants face à l’arrivée des combattants de la Division d’or, forces d’opérations spéciales irakiennes, chargées de fouiller des maisons. Avec le soutien des bombardements de la coalition internationale, c’est elle qui mène le combat contre l’État islamique.

Paula Bronstein

Premier prix « vie quotidienne » : intitulée « Les victimes silencieuses d’une guerre oubliée », cette photo de Paula Bronstein montre Najiba tenant dans ses bras son neveu Shabir, âgé de deux ans. L’enfant a été blessé par l’explosion d’une bombe à Kaboul, Afghanistan, le 29 mars 2016.

Jonathan Bachman

Premier prix « Sujets contemporains » : Dans ce cliché de Jonathan Bachman baptisé « Prendre position à Bâton-Rouge », on observe l’arrestation d’une manifestante, en marge d’un rassemblement le 9 juillet 2016 dans la ville de Bâton-Rouge aux États Unis, contre les abus policiers envers les communautés afro-américaines à la suite de la mort d’Alton Sterling.

Amber Bracken

Premier prix « Série sujets contemporains » : Extrait de la série « Standing Rock » d’Amber Bracken, cette image montre la police anti-émeutes évacuant des manifestants (la tribu indienne des Sioux et des soutiens à leur cause) d’une route proche d’un camp d’ouvriers, s’opposant à la construction d’un oléoduc dans le Dakota du Nord aux Etats-Unis.

Tomas Munita

Premier prix « Série vie quotidienne » : Tomas Munita a photographié Cuba à la suite de la mort de leur célèbre leader Fidel Castro. Dans cette extrait de la série baptisée « Cuba au seuil du changement », on observe des membres de l’armée de la jeunesse attendant jusqu’à l’aube le passage de la caravane transportant les cendres de Castro, le 3 décembre 2016.

Daniel Berehulak

Premier prix « Série informations générales » : baptisée « Ils nous massacrent comme des animaux », cette série du photographe Daniel Berehulak retranscrit la violence et la terreur imprégnant les Philippines depuis l’entrée en guerre du nouveau président Rodrigo Duterte, contre les cartels de la drogue. Dans cette image, on nous montre Jimji, âgée de six ans, hurlant « Papa » devant le corps de son père, Jimboy Bolosa, retrouvé mort sous un pont avec des traces de coups et de torture. La police a déclaré que l’homme était un trafiquant de drogue.

Brent Stirton

Premier prix « Série nature » : Avec « Guerre de rhinos », Brent Stirton nous dévoile le sort des rhinocéros noirs, l’une des espèces de rhinocéros les plus menacées dans le monde. Aujourd’hui, il n’en reste plus que 3000 et devant vous, l’un de ses représentants, tué pour ses cornes dans la réserve d’Hluhluwe-Umfolozi en Afrique du Sud.

Francis Perez

Premier prix « Nature » : le photographe Francis Perez capture sur le vif une tortue de mer emmêlée dans un filet de pêche au large de Tenerife, dans les îles Canaries. Avec cette image, il illustre les graves problèmes dont sont victimes certains animaux marins à cause des traces d’activités humaines.

Valery Melnikov

Premier prix « Projet de long-terme » : Dans ce projet baptisé « Jours noirs de l’Ukraine », la photographe Valery Melnikov capture les bouleversements découlant du conflit dans le Donbass, dans l’est du pays. Ici, une femme et homme fuient une maison en flamme, détruite à la suite d’une attaque aérienne sur le village de Luhanskaya.

Tom Jenkins

Premier prix « Sports » : Tom Jenkins capture la chute du jockey Nina Carberry de son cheval lors de la course hippique steeplechase Grand National. Depuis sa toute première édition, en 1839, la course de sept kilomètres et parsemée de 30 obstacles, a été la raison de la mort de plusieurs chevaux et même d’un jockey à la suite de ses blessures en 1870.

Michael Vince Kim

Premier prix « Série société » : Intitulée « Aenikkaeng », cette série du photographe Michael Vince Kim cristallise avec une grande poésie le drame des descendants coréens-maya au Mexique. L’histoire débute en 1905, 1000 Coréens se sont rendus au Mexique, avec des promesses de prospérité et de richesse dans un pays paradisiaque. Finalement, ils seront vendus dès leur arrivée comme des esclaves, afin de récolter l’agave, une plante très recherchée.

Magnus Weenman

Premier prix « société » : le photographe Magnus Weenman montre dans « What ISIS left Behind » montre Maha, une fillette de 5 ans, allongée sur un matelas dans un camp de réfugiés surpeuplé de Debaga, au sud-est de Mossoul en Irak. Le drame de cette photo, au-delà du destin de milliers d’enfants, est la persistance et la multiplication de cette réalité.

 Giovanni Capriotti

Premier prix « Série sports » : Giovanni Capriotti immortalise la première équipe de rugby gay-friendly à Toronto, au Canada, dans sa série « Boys will be boys », avec trois joueurs répétant pour le « drag show » annuel de l’équipe, afin de lever des fonds.

Burhan Ozbilic

Premier prix « Série spot news » : Et voilà la boucle bouclée, avec une autre photographie de l’ambassadeur russe en Turquie prise par Burhan Ozbilic, captant son allocution à la presse dans une galerie d’art d’Ankara, avec la présence de son assassin dans le fond à gauche, parue dans les médias le 19 décembre 2016.

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