Beware Magazine a eu l’occasion de rencontrer la photographe Julie Annabelle Schimel, durant son exposition Re Nouveau à la Galerie Kir Royal de Valencia (Espagne). Un moment agréable, passé en compagnie d’une jeune fille aussi sympathique que talentueuse …

Peux-tu me parler de ton parcours dans la photographie ? Comment as-tu finis par travailler dans le monde de la photo ?

Une sorte de révélation ! Ça m’est venu tout d’un coup, à 19 ans. J’ai été malade pendant un an, ce qui m’a permis de réfléchir … J’ai toujours eu envie plus ou moins d’être dans le monde de la photo. Un jour, je me suis mise à travailler, j’ai acheté mon premier reflex’, j’ai commencé à faire des tests un peu partout, et j’me suis dit : JE VEUX FAIRE DE LA PHOTO !

Donc tout d’abord je suis partie à Madrid, j’ai intégré une école de photo où j’ai appris les bases de la photographie numérique. Ensuite, je suis partie deux ans en graphisme (toujours à Madrid !) où j’ai plutôt travaillé dans l’illustration, principalement l’illustration de mode. Et un jour, j’ai voulu reprendre la photo et j’ai été directement prise aux Gobelins.

Tu t’es intéressée tout de suite à la mode, ou avant tu étais plus orienté vers un autre style photographique ?

Je fais de tout et n’importe quoi ! Même en ce moment ! J’aime autant le reportage, le paysage, que l’animalier, des portraits ou même encore de la pub. Peu m’importe ! C’est l’image en général qui m’intéresse !

Et simplement l’image fixe ? Ou tu es aussi intéressée par la vidéo ?

Non, fixe ! Ce qui m’intéresse est l’image fixe. D’ailleurs, je travaille avec un directeur de cinéma, je m’occupe de la direction de la photographie, des photos du tournage, je fais les posters qui vont sortir etc …  Mais je ne manipule pas l’image en mouvement, je travaille la lumière et l’image fixe.

Parlons maintenant de ton exposition actuelle intitulée Re Nouveau ! Tes photos dégagent un univers très particulier : sombre, fantasmagorique … Pourquoi cet univers ?

J’ai toujours travaillé cette atmosphère, toujours très noir, beaucoup de contraste. Honnêtement je ne sais pas comment tout cela m’est venu ! Je regarde énormément de film de Tim Burton, je pense que ça m’a pas mal influencé ! Je ne sais pas pourquoi, je me sens très attirée par la forêt, un univers qui rappel beaucoup les contes de notre enfance … Finalement, même si le projet évolue beaucoup et sur plusieurs semaines, j’essai de garder une ambiance onirique et sombre. C’est ce qui me touche le plus.

Oui ! Vu la qualité de ton travail j’imagine que tu n’as pas fait ces photos en deux jours …

Si ! 1 jour et demi de shooting ! À fond la caisse (rires)! Mais avant de lancer la séance il y a tout de même 2 semaines de montage (pour la forêt) ainsi que des tests de lumières. Au départ je voulais simplement utiliser de la lumière continue, mais ça ne fonctionnait pas, donc j’ai fait du tester beaucoup de choses avec des flashs afin d’arriver au résultat que je souhaitais !

Ton travail est donc plutôt expérimental, ou tu as toujours une idée très précise de ce que tu veux pour chaque image ?

Mon travail part d’une recherche clair et précis (avec des croquis) et fini dans l’expérimentation. Il y a toujours des changements ou une évolution dans le travail qui m’oblige à m’adapter !

Mais par exemple pour avant de construire une forêt, tu devais bien avoir quelques images en tête ?

Aucune ! Je suis arrivée au studio avec quelques branches … J’ai commencé à installer des trépieds et je me suis mise à tenter de faire une vraie forêt en studio ! Il y a eu un grand travail de stylisme, de coiffure… et je ne pouvais pas me résoudre à tout enmener dans une vraie fôret ! Il a fallu improviser et faire appel à son imagination !

Et comment as-tu géré le stylisme, la coiffure … Tu as laissé carte blanche à tes collaborateurs ?

Non ! Tout est issu de mon imagination, je savais exactement ce que je voulais pour chaque image. J’ai dessiné tous les maquillages ainsi que les coiffures. Il y a tout un travail de direction artistique et de dialogue entre tous les gens qui ont collaboré dans ce projet : je reste ouverte ! s’il y a des changements à faire c’est possible ! En général je propose des idées, si c’est faisable tant mieux, sinon je m’adapte !

Si tu devais mettre ton travail dans une catégorie, tu l’approcherais plus de la photographie de mode ou de quelque chose de plus plastique …

En ce moment, je travaille plus dans la photographie d’art que dans la mode ou dans la photographie commerciale. Mon travail part de recherches plus philosophiques, des histoires un peu plus tordues qui ne pourraient pas se vendre dans la mode je pense ! En ce moment je prépare des installations avec des photos, mélangés à de la peinture, de la gravure … Par exemple, lors du vernissage de Re Nouveau, j’ai décidé de refaire la forêt dans la galerie pour que les gens rentrent dans l’ambiance, et dans mon univers. J’aime immerger le spectateur dans mon monde !

Ce que j’aime, c’est représenter des choses assez dures mais de manière esthétique. Le fil conducteur de cette exposition tourne autour de « l’auto destruction de la nature par l’Homme qui est originellement et depuis sa naissance, mauvais ». J’aime montrer une façade agréable qui visuellement peut se rapprocher de la mode, mais avec un fond vraiment noir et engagé.

Quelles sont tes grandes références artistiques ou philosophiques, qui te permettent de trouver ton inspiration ?

En littérature, je lis beaucoup Kafka, Ionesco, Edgar Allan Poe! En ce moment en photo je suis très inspirée par Erwin Olaf, j’adore son univers ! Et en cinéma j’adore l’esthétique et la lumière utilisée par Tim Burton et Terry Guilliam.

Tes projets pour la suite ?

Pour l’instant je continue de travailler avec la galerie Kir Royal sur de futures expos … Je travaille sur des projets assez variés. Il y en a un avec des marionnettes (qu’il faut que je fabrique) qui sera une œuvre unique puisque ce sera une photo qui va être traitée après en peinture, encore un grand délire (rire). Et ensuite on m’a invité dans une résidence d’artistes au Maroc, donc je pars à la fin du mois préparer une installation pour la biennale internationale d’art contemporain de Casablanca en Juin.

 

 

 

 

 

 

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