Toto Bona Lokua

Le label No Format, c’est un peu ce que le Gault et Millau est à la nouvelle cuisine : une figure de proue bien trop méconnue. Son catalogue recèle de véritables trésors pour qui sait éprouver le son avec ses tripes et son cœur.

C’est dire si la maison est illustre : treize ans après leur premier album, le prestigieux power-groupe Toto Bona Lokua (coucou Richard Bona, Gerald Toto, Lokua Kanza) revient avec Ma Mama, premier extrait de leur nouvel opus, Bondeko.

Je vous vois venir : on ne va pas se mentir, ce n’est ni du rock, ni de l’électro, ni même de la psyché, comme j’aime à en écouter toute la sainte journée et nuit. Et ça ne chante pas en anglais. Et non, je vous en prie, ce n’est certainement pas de la world non plus (que celui qui a inventé ce terme se lève et se tape lui-même).

C’est juste une chanson magnifique servie par des pointures du paysage musical actuel. Une mélodie fredonnée, bruissante, lustrée. Des harmonies vocales classieuses, fraîches, qui savent émouvoir là où il faut, qui touchent au plus profond de nos quotidiens de mornes citadins.

Peu à peu, l’auditeur flâne dans les rues d’un continent africain contemporain, entre des femmes d’affaires tirées à quatre épingles et des étudiants en retard, des galeries d’art, des hibiscus en fleurs, et un vendeur ambulant de poulet grillé. Des paysages inédits qui réenchantent soudain nos imaginaires bordés de clichés datés.

Ces messieurs-là connaissent la recette idéale sur le bout des doigts et nous entraînent, en trois petites minutes, au pays des rêves qui se réalisent, enfin.

Photo@Manu Lagos

1 Comment

  • Isabelle Desrue 4 novembre 2017 19:53

    Que veux dire la chanson Ma Mama? Est ce une chanson d’amour?

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