S’il y a une chose à savoir sur Marie-Pier Meilleur, c’est que cette dernière ne souhaite pas photographier des sujets, mais des émotions. D’une douceur incroyable et relevant souvent de l’onirique, son travail minimaliste nous prend par la main afin de nous laisser explorer le fond de nos pensées, les plus belles comme celles qui nous échappent souvent.

Pour l’artiste, le montage n’est pas une manière de gommer les défauts physiques mais plutôt de révéler l’essentiel. D’effacer des décors parfois futiles au profit d’un corps qui se protège en position foetale, de deux mains qui se crispent ou encore d’un buste qui nous parle de quelque chose allant au-delà d’une personnification.

Marie-Pier Meilleur

Les émotions comme inspiration

Sans qu’elle ne s’en rende toujours compte, c’est la vérité que la photographe tente de capter derrière son objectif. En fait, dans un monde idéal, Marie-Pier Meilleur souhaiterait que chaque individu se permette de montrer les émotions telles qu’il les vit à l’instant présent.

Selon elle, l’humain est toujours bien plus sincère dans son propre imaginaire que lorsqu’il doit interagir dans la réalité. « Dans cet univers inventé et surtout simplifié, où personne ne le reconnaitra, l’humain saura avouer et arrêter de cacher, de réduire ce qu’il est, déclare-t-elle. Il vivra les émotions de façon aussi vulgaire ou excessive qu’il le désire […] il incarnera ce qu’il est réellement, maintenant. »

« L’être humain vit constamment des émotions qu’il ne peut guère se permettre de démontrer en tout temps. »

L’artiste nous confie d’ailleurs, ironiquement et le sourire aux lèvres, que si un jour elle a un enfant, celui-ci pourra probablement se rouler par terre pour laisser libre court à son enthousiasme ou sa révolte. « L’être humain vit constamment des émotions qu’il ne peut guère se permettre de démontrer en tout temps », se rend-t-elle à l’évidence. Et c’est ce fameux imaginaire introspectif qu’elle tente d’illustrer dans ses oeuvres. « C’est pour cela que je travaille beaucoup mes photographies en post-production. J’aime recréer un univers, celui où l’être humain se permet d’être encore plus réel qu’il ne l’est véritablement dans son quotidien », explique la photographe.

Marie-Pier Meilleur

femme nue

Une artiste en quête perpétuelle d’art

En plus de détenir une vision où le naturel triomphe, Marie-Pier Meilleur aime apprendre de l’art et y réfléchit beaucoup. C’est son programme en 2014 en direction photo à l’Institut national de l’Image et du Son (INIS) qui l’a amenée, comme elle l’indique, « à développer un amour inconditionnel pour la caméra ».

Ainsi, elle se met à étudier frénétiquement en autodidacte les multiples techniques de la photographie : « J’ai lu des centaines d’articles et de livres sur l’évolution, les « spécifications » des modèles de caméra, j’ai regardé des centaines de films pour essayer de reproduire certains plans, confie-t-elle. J’ai également étudié attentivement toutes les sources lumineuses qui m’entouraient et leurs effets sur les textures et la peau humaine ».

Un deuxième cursus valant mieux qu’un, l’artiste se lance un an plus tard, toujours à l’INIS, dans une formation de réalisation de films documentaires et explique avec satisfaction avoir réussi, cette fois-ci, à toucher à sa propre sensibilité avec la caméra.

Partisane de l’authenticité, la photographe montréalaise remet en question le rôle des réseaux sociaux dans le processus créatif des artistes. « Si une photo a eu plus de succès qu’une autre, on va avoir tendance à recréer les mêmes choses, à se lancer dans des projets similaires », déplore-t-elle.

La jeune femme aime justement prendre des risques et créer là où elle n’aurait pas pensé pouvoir le faire. L’une des séries sur laquelle elle travaille présentement raconte des bribes d’histoire d’une personne sur le point de subir une chirurgie bariatrique. Les scènes recréées correspondent en fait à des moments vécus lorsque le sujet était principalement dirigé par sa manière de percevoir l’obésité.

main levée

Marie-Pier Meilleur

L’artiste se cache également derrière l’élaboration des visuels de la musicienne Mélanie Vendetti et de l’auteur-compositeur Tambour. Sans cesse à la recherche de nouveaux témoignages du réel et d’émotions humaines, Marie-Pier Meilleur met en place pour 2017 une série portant sur l’intimité de l’indignation.

Tout compte fait, son travail et ses réflexions nous prouvent à quel point les corps qui s’expriment ne sont pas toujours de simples corps, et à quel point ils sont beaux lorsqu’ils sont pris en photo. Puisque même sur fond noir, ses photos demeurent lumineuses.

–» Pour suivre le travail de Marie-Pier Meilleur : facebook | instagram

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