Je suis contemplatif.

La nouvelle d’une sortie électronique française a tendance à me laisser de marbre ces temps-ci, j’avais presque abandonné.
Fatigué des mêmes synthés perçants répétitifs, fatigué des mêmes samples de chants et musiques exotiques, fatigué des recettes qui fonctionnent. Si l’electro française des dernières années a su se démarquer, elle était devenue prévisible. A deux doigts de retourner, tout aigri, dans mon antre pour écouter de la techno progressive allemande et du death metal, j’ai quand même pris le temps d’écouter le dernier Rone.
J’étais dans la rue, et j’ai lancé Mirapolis. D’un naturel méfiant, la claque a été d’autant plus intense. Ce trajet à pied entre Gare du Nord et le bar où je me rendais a été carrément transcendé par les 7 ou 8 morceaux que j’ai eu le temps d’écouter.

rone avant son concert

Rone, serein, lors de notre rencontre avec lui, peu de temps avant son concert au Trianon

C’est l’intro de l’album, « I, Philip », qui m’a mis en confiance : pleine de chaleur et étonnante de musicalité, et j’ai laissé les morceaux défiler un à un sans même m’en rendre compte : aucun faux pas. Absorbé à la première écoute, je montais peu à peu le volume pour couvrir le son de la circulation, je ne regardais plus autour de moi pour ne pas perdre une miette de l’album. Un énorme vent de fraicheur, le même que lorsque j’avais découvert l’album de Woodkid : c’est inspiré, c’est neuf, riche de sentiments. Plus encore que la musique qu’on aime écouter activement, celle-ci t’attrape et te force à l’écouter jusqu’au bout. Et il raconte un truc cet album… Je ne suis pas encore sûr d’avoir compris son histoire, mais elle est belle et émouvante.

A voir et à revoir : le Boiler Room de Rone, il y’a 4 ans. Une scène réservée au plus innovants

Après son concert à la philharmonie de Paris, Rone a fait infuser son inspiration à travers certains musiciens qui étaient sur scène avec lui ce soir là. Et c’est comme ça, par exemple, qu’on retrouve John Stanier, batteur, sur quelques morceaux de l’album. Un truc assez ambitieux puisque ce genre de sons acoustiques sont difficiles à gérer sur un genre électronique. On casse les codes, on oublie les recettes, et on obtient Lou et Brest. Deux morceaux vraiment marquants de cet album. Après l’avoir écouté plusieurs fois, quatre morceaux sortent du lot : I, Philip, Lou, Wave et Brest. Si l’album est une histoire, ces 4 morceaux sont ses tournants et ses grandes parties.

Rone pris en photo avant son concert au trianon

Pour les exploiter au maximum de leur potentiel, Rone a une petite histoire avec chacune de ses machines.

Boite à Rythme et puissant synthé, la Tempest s’est sans doute fait entendre sur Mirapolis

 

Comme je l’ai dit plus tôt, c’est cette intro à l’album qui m’a absorbé. Incroyable de musicalité, c’est dès les premières notes de l’album qu’on est contemplatif. L’enchaînement sur Lou, c’est le synthé du second morceau qui répond à celui du premier. Et attention, pas des synthés en mode presets et sons préfabriqués, non. C’est là que l’album trouve sa seconde force : les sons, ultra travaillés, semblent tous être là où ils doivent être.

Posez-vous, écoutez Wave. Enjoy. D’ailleurs c’est grâce à des morceaux comme celui-ci qu’on peut écouter l’album sans se lasser. Les rythmes y sont souvent très différents et l’oreille n’a pas le temps de vraiment s’habituer. Tiré vers la musique à chaque changement, à chaque transition, j’entendais tous les discrets détails . On passe du calme à l’explosion sonore en  de courtes transitions. Tout se déroule comme la bande originale d’un film de science-fiction tantôt utopique, tantôt dystopique. Un voyage mouvementé à destination de Mirapolis, raconté au passé. Merci, Rone.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Add Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *