Originaire d’un « joli petit bout de campagne »  situé dans la métropole Lilloise, Robin Lempire est un photographe de 25 ans à la croisée des chemins de la mode et de l’art graphique.

Robin Lempire

Ses photos explorent le monde d’une jeunesse mélancolique. Il sait créer, au sein d’un univers urbain et cosmopolite, une ambiance où le mystère se dispute à l’inquiétude, mettant en scène une violence tranquille et muette.

Ses sources d’inspiration sont plurielles : peintres de la renaissance, créateurs de mode, photographes comme Peter Lindberg ou bien encore Nick Knight. Chaque portrait est prétexte à expérimentation. Ainsi, couleurs improbables et textures inattendues s’invitent de façon réfléchie sur le cliché originel. Mêlant académisme et innovations aux allures parfois déjantées, ses photos reflètent les paradoxes et contradictions de notre société ; elles en saisissent délicieusement l’air du temps : violence et poésie, réalité et fantastique savent y cohabiter harmonieusement.

Robin Lempire

Robin Lempire

Un peintre sommeille en lui. Francis Bacon ne renierait pas certains de ses portraits torturés où l’art de la déconstruction est parfaitement maîtrisé.

Robin Lempire

BEWARE a voulu en savoir plus sur Robin Lempire qui a bien voulu répondre à nos questions.

Depuis combien de temps fais-tu de la photo ?

J’ai commencé sérieusement il y a 5 ans, j’ai repris les études pendant 1 an et demi avant de me lasser du côté académique des études artistiques.

Quel est ton parcours ? Ou en es-tu aujourd’hui ?

J’ai eu un parcours très sinueux, j’ai arrêté les études assez tôt car je ne m’y retrouvais pas forcément, et c’est lors d’une expérience à Londres que j’ai décidé de faire de la photo mon métier. Aujourd’hui je continue à explorer mes limites, à travailler avec les bonnes personnes, et évoluer avec elles ! D’autres projets me tendent les bras, j’espère pouvoir les embrasser.

Robin Lempire

T’as commencé à faire de la peinture avant la photographie et il semble que cela t’inspire constamment dans ton travail. Pour toi, ces deux passions sont-elles compatibles ?

Oui complètement, elles sont même complémentaires, j’ai pour habitude de penser que la photo c’est la peinture des impatients, la peinture nécessite de l’isolement, pour trouver l’inspiration, (dans un atelier), alors que dans la photo on a ce côté vivant et spontané, (dans la rue, dans un studio avec toute une équipe) et en mêlant les deux on peut réussir a vivre ces deux expériences. Je dirais que, l’expérience isolée est stimulante mentalement, et l’expérience spontanée est stimulante émotionnellement.

Tu définis ton travail comme une « élégance crade ». Est-ce que depuis tu as évolué ou est-ce que tu te vois aller vers d’autres horizons ?

Je pense qu’il y a cette partie graphique qui a toujours cette élégance crade (pour les photos retravaillées), ça vient d’une photo qui est plutôt douce, est qui est « cradée » par la peinture, car je suis souvent inspiré de ce que je vois dans la rue, les textures, les couleurs. Pour ce qui concerne la photo en général, je ne choisis que très rarement des sujets dits « glamour », je préfère travailler le côté « social » : mettre les mannequins dans le rôle d’une autre personne ou en situation, me fait plus vibrer que la photo « glamour » qui est assez froide et souvent surfaite.

Robin Lempire

Le 28 juin dernier, tu postais un message sur Facebook disant que tu voulais te tourner vers la cuisine mais il semble que ta passion pour la photo t’ait rattrapé. T’as déjà pensé à arrêter définitivement la photo ?

Oui et non, je pense que ça fera toujours partie de ma vie, en vérité le milieu est assez déstabilisé par le nombre d’offres par rapport à la demande. Aujourd’hui on est plus dans un système où un photographe va correspondre à une tendance, et si il ne prend pas bien la prochaine vague alors on n’en entend plus parler, noyé dans la masse. C’est assez difficile de savoir sur quel pied danser, ce qui peut provoquer un dégoût… Je pense que ça m’a permis de prendre du recul pendant un moment pour mieux appréhender la suite !

Tu dis aussi que ton art a été critiqué. Le monde de la photo semble être rempli de « haters ». comment fait-on pour gérer ça au quotidien ?

Je pense que la critique est bonne pour avancer dans l’art, seulement la critique n’est pas souvent celle que l’on attend, ou n’est tout simplement pas constructive. Je suis quelqu’un d’assez réservé, et franc, peut-être avec des airs un peu froid, arrogant, donc les gens peuvent avoir la critique facile, mais ça fait partie du jeu, par contre je suis ouvert à la conversation, et à la critique constructive, même si je pense qu’il faut dissocier l’art de la personne qui le produit.
Pour ce qui est de gérer ça au quotidien je pense que je ne suis pas encore assez sujet à ça pour réellement m’en préoccuper ! A vrai dire je ne prête pas attention aux « haters », parfois des histoires m’arrivent aux oreilles et je préfère en rire qu’en pleurer !

Robin Lempire

Robin Lempire photographe

T’as fait des photos pour la marque M+RC et plus récemment Carven. Tu as d’autres projets en cours ou à venir ?

Des photos pour M+RC vont continuer à sortir dans les semaines à venir, et Carven aussi d’ailleurs, après, quand on est photographe de « mode » on ne peut pas vraiment démarcher, donc advienne que pourra ! (lempire.studio@gmail.com) lol
J’ai enfin trouvé chaque élément de mon équipe, donc des projets fleurissent petit à petit, ainsi que pas mal de projets sous-jacent à la photo, mais je préfère les laisser mûrir et en parler au moment voulu !

Quelle est la dernière photo que tu aies prise (portable compris) ?

C’est une photo d’une photo dans l’expo Magritte à Bruxelles ! J’y voyais une certaine similarité personnelle …

Robin Lempire photographe

Vous pouvez suivre son travail sur son compte Instagram et tumblr.

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