Photographe autodidacte et engagé, Yannick Fornacciari a le don d’entrer dans l’intimité des gens et de les convaincre de se mettre à nu. Dans tous les sens du terme…

Ce jeune français de 30 ans originaire d’Aix-en-Provence se destinait pourtant à une carrière de psychologue. Mais son départ en 2012 au Canada a changé la donne. « Je prenais des photos juste pour le plaisir. C’est pour moi une manière de m’exprimer et… je sais que ça sonne un peu cheesy, mais ça me permet de capturer la beauté qui m’entoure, lance en rigolant le photographe. J’ai appris tout seul… Je ne viens pas d’une famille très artistique »

Yannick Fornacciari

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Il faut croire que la passion pour la photo a sauté une génération puisque c’est son grand-père qui lui a donné son appareil argentique. Une signature propre à lui qu’il compte bien garder.

« C’est la technique que mon grand-père m’a apprise. Je ne me sens vraiment pas à l’aise avec le numérique, je préfère le côté physique de l’argentique, explique-t-il. Je ne retouche pas mes films ni mes photos, j’aime en garder l’aspect un peu cru ». Le tout très souvent en noir et blanc. « Je suis rapidement tombé amoureux du résultat. Le noir et blanc a un aspect intemporel et sévère. Ça donne de la profondeur au portrait », relève l’artiste.

« L’identité et le genre sont des thèmes qui m’ont toujours intéressés. »

Ce sont surtout les gens que Yannick aime photographier. Et surtout tous ces anonymes, « les petites gens », « les opprimés », « les oubliés », qui ont tous leurs histoires propres et leurs cicatrices qui méritent d’être racontées visuellement. Comme celles que l’on peut voir en observant sa récente série sur les personnes transgenres montréalaises.

Yannick Fornacciari

« L’identité et le genre sont des thèmes qui m’ont toujours intéressé. Je trouvais qu’il y avait une faible représentation des personnes transgenres dans l’art ou les médias, alors j’ai lancé un appel pour joindre des gens qui seraient partant pour être photographiés dans le but de faire une sorte de documentaire », nous dit l’artiste.

Avec son appareil, Yannick entre avec simplicité chez eux. Dans leur plus profonde intimité. « Mes sujets sont en général seuls, dénudés et vulnérables. Je n’utilise aucun matériel et ma lumière est toujours naturelle. L’élément essentiel est le sujet », détaille-t-il.

Yannick Fornacciari

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« Ils veulent montrer la réalité pour inspirer de la tolérance »

Le moins possible, il leur demande de poser. Eux se dévoilent. Enlèvent une chemise et montrent pour certains leurs cicatrices causées par leur opération. D’autres présentent leur seringue avant de s’injecter dans la cuisse une dose d’hormones. « Aller chez les gens, c’est une sorte de continuité du portrait, pense-t-il. J’estime que c’est à moi de faire avec leur réalité, l’environnement dans lequel ils vivent, car c’est très inspirant. » Inspirant, mais également captivant.

Pour ceux qui font face à l’objectif, un certain militantisme les guide dans cette expérience. « Ils veulent montrer la réalité pour inspirer de la tolérance », poursuit le photographe.

Beaucoup de seins montrés fièrement, de regards francs et saisissants et de corps imparfaits défilent dans les différentes galeries réalisées par Yannick Fornacciari qui revendique des images à la fois mélancoliques et romantiques. Et c’est toujours l’humanité de chacun qui en ressort.

–» Pour suivre le travail de Yannick Fornacciari : site web | facebook | instagram

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